Le pouvoir de la pédale – Olivier Razemon

Moins de 200 pages, 5 chapitres, 15€00 et un carnet « pratique » pour un objet qui représente une part « modale » de plus ou moins 4 %. Un petit étalage de chiffre pour un billet consacré à un livre que les cyclistes de l’association sont invités à lire.

 

Après un historique de « la machine à courir », ce sont les différentes images du cycliste qui sont passées au crible, images collées comme un dossard sur les cyclistes par les médias, les politiques, l’air du temps :

– la bicyclette est un objet pour les pauvres,

– c’est pour faire du sport le dimanche.

Rappelons les propos d’un élu de l’agglo d’Orléans : dès qu’on fait plus de 1,5 km, on n’est plus cycliste mais sportif.

– le vélo c’est un loisir pour les gosses :

Propos d’une élue au « développement durable », agglo d’Orléans (avant les élections de 2014) : il faut des pistes autour des écoles. On ne cherche pas à faire des pistes pratiques le long de la nationale [et le long de la Loire] sinon les vélos iraient plus vite que les voitures.

Mais il y a aussi le vélo qui lave des péchés (Philippe Barbarin, curé très très conservateur, est très simple dans sa vie de tous les jours, il roule en bicyclette).

– le vélo, truc de bobos végétariens urbains.

Entendu d’un élu de l’agglo, face à l’image des vélos stationnés devant la gare d’Amsterdam : mais comment faire pour retrouver le sien si on généralisait ainsi le stationnement devant les commerces*.

– et pour finir les présentations des différentes images, le vélo est un danger public, sous entendu pour lui-même autant que pour les autres.

Moins de 150 morts en vélo pour combien en voiture ! N’oubliez pas que ce sont les groupes de pression automobile qui communiquent le plus sur le port du casque** par de gentilles campagnes de promotion.

Le chapitre suivant présente les aspects économiques du vélo. Du « remède à la crise » qui place l’auteur dans les logiques d’adaptation, nous changeons de braquet pour aller vers l’autonomie de l’usager, la (re)apropriation de paire avec le partage des savoirs au sein d’ateliers associatifs.

C’est peut-être le chapitre le moins décroissant, mais certainement pas le moins intéressant du livre en ceci qu’il fournit une grande somme d’arguments en faveur du vélo.

Le dernier chapitre parle de la transition piège à c. c’est à dire le changement dans la continuité et tout le reste de « bazaritude paradigmique » sur papier glacé. C’est le seul moment où le livre parle d’Orléans, et pas pour en dire du bien.

Rappelons que l’itinéraire de la Loire à vélo n’est utilisable que pour la promenade, et encore, sous conditions de ne pas avoir un velo-cargo par exemple.

Rappelons également que si la deuxième ligne de tramway est partiellement doublée d’un machin cyclable, ce dernier n’est pas utilisable avec les poteaux plantés au milieu, les ruptures de tracé ou encore sa dispersion entre petits pavés glissants, « aire de rencontre », parking et trottoirs.

Le carnet pratique donne des piste de travail, certaines très éloignées de tout bon sens comme les tutoriels internet*** auxquels nous privilégierons un livre, ou une rencontre dans un atelier, comme le GPS en lieu et place d’une bonne carte ou les carnets de voyages offerts dans les offices de tourisme, comme le touittage de photographie pour dénoncer les risques auquel nous préférons l’interpellation directe des élus (même si la discussion est plus facile avec des plans ou des photos que l’abstraction lyrique à la française dont raffole les débatteurs débattants).

D’autres pistes sont à mettre en pratique lors de nos discussions, aussi bien le choix des équipements que la planification de son itinéraire en fonction des équipements, de la sécurité ou du confort.

Ce livre, écrit dans une langue simple, est une très bonne lecture à prendre comme encouragement à travailler la question après la pause estivale, surtout dans une agglomération « plate » comme celle d’Orléans.

Jpierre.

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* Le problème ne se pose-t-il pas sur le parking des méga-surfaces de l’Agglo ; comment retrouver sa caisse un samedi après-midi de course ?

** L’auteur du billet porte un casque lors des trajets quotidiens Orléans-Cercottes-Orléans, quasiment jamais le reste du temps. Le port du casque doit être laissé à l’initiative de l’usager. N’oubliez jamais que la fédération française des diabétiques est financée par coca-cola.

*** Oui, l’association utilise aussi l’internet, lire ces lignes en est la preuve.

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