Des pistes oui, mais pas des machins anti-cyclistes

Aller laver son linge dans une laverie possède le même avantage que la salle d’attente d’un médecin, on peut y lire des saloperies sans fausse honte. Ainsi, en feuilletant le magazine municipale de la vile d’Orléans, j’ai découvert un encart « en piste cyclistes ».

L’association des mots « piste » (jeux du cirque) et « cycliste », sans vouloir faire de grandes analyses psychologiques ou sémantiques, est révélateur de l’opinion de la municipalité à l’endroit des cyclistes : « des clowns ».

L’encart fait la promotion d’un étron de ciment qui a été posé « pour notre sécurité », d’une largueur de 1,5m, en son début seulement :

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Sérieusement ! Mesurée en son milieu, à la hauteur du feu de signalisation des voies SNCF outre-haies, la piste fait 0,90m (1,5m avec le caniveau, caniveau qui n’est pas cyclable).

90 cm, attention aux écarts, d’autant plus que l’étron est haut.

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L’articulet explique que cela a été commis pour compléter l’existant. Mes questions sont :

1) Pourquoi les décideurs ne vont-ils jamais sur place observer la manière de faire des usagers de l’espace publique ?

À cet endroit, pour rejoindre la gare de Fleury, il y a souvent des piétons sur la « piste », par temps de pluie par exemple, plus que tout à cause du revêtement de l’unique trottoir côté cimetière, revêtement qui ne permet pas de faire rouler une valise. Les piétons sont souvent sur la « piste » sans le vouloir et gênent les cyclistes. Maintenant, les piétons sont aussi sur le second machin anti cycliste d’Orléans, car il n’y a pas de trottoir côté haie.

Une fois bloqué dans la « piste anti cycliste », si côté cimetière d’Orléans il n’y avait pas moyen de doubler (ou d’en sortir), il n’y a aucune raisons de pouvoir le faire de l’autre côté.

2) Pourquoi ne pas écouter les cyclistes lorsqu’ils disent « arrêtez de mettre notre vie en danger » ?

Je fais référence ici à une réunion publique où un responsable de l’Agglo assurait que « passé 1,5 km à vélo, ce n’était plus du déplacement mais du sport ». À cette même réunion, il y a eu des personnes pour demander un arrêt des travaux qui mettent en danger les cyclistes à Orléans.

Visiblement, en juin 2013, on préparait les élections, on faisait semblant d’écouter, on faisait des présentation devant des attachés interministériels et des responsables associatifs, après les élections, la machine à vous dégoûter du vélo reprend de plus belle.

Autres citations d’une responsable de l’Agglo « le vélo c’est pour les jeunes », et à propos de « l’espace partagé »* en bord de Loire, « mais si on faisait bien, les vélos iraient plus vite que les voitures ».

3) Pourquoi ne pas faire des enquêtes de satisfaction ?

4) Pourquoi ne pas avoir fait inaugurer cette piste anti-cycliste par les Miss ?

Cela aurait mis en valeur :

– ou la mauvaise foi du rédacteur de ce billet,

– ou la mauvaise idée d’un étron de béton sur une telle longueur.

Une piste comme celle-ci, que j’emprunte quasiment tous les jours, protégée des voitures par des petites bordures de 1m de long, espacées de 10m, comme une bande discontinue, n’aurait pas fait l’objet d’un billet.

Le rédacteur de l’article est assez inquiétant quand il écrit que « un nouveau projet devrait voir le jour […] entre l’arrêt tram Libération et le pôle santé à Saran. […] soit 2km. ».

Aller travailler à vélo ne va plus se faire sans peur. Un autre article vantait « le même modèle de piste » à la Bolière, je vais aller voir les dégâts et vous en parle dans un prochain billet.

Jan Peire

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Une critique (fichier PDF) des bandes et pistes cyclables sur le site de la FFCT (>fr)

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* La maladie des municipalités de vouloir pousser les cyclistes dans les pattes des piétons doit être soignée.

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