« Le retour de la bicyclette » de Frédéric Héran

« Le retour de la bicyclette – Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050 » de Frédéric Héran, est un livre militant, au sens noble du terme. C’est le genre de livre à dévorer avant une vélorution. « Le pouvoir de la pédale » de Razemon, ici chroniqué (>fr), défrichait les pistes, celui-ci analyse, critique les politiques mise en place, chiffres à l’appui.

 La lecture de ce livre, pas toujours facile, à la présentation un brin austère, forge une solide culture sur l’histoire du vélo. Elle donne aussi de précieuses idées au sujet des aménagements à déployer ou nécessaires au (re)déploiement de l’usage de la bicyclette en ville. L’auteur, Frédéric Héran, est maître de conférences en économie, chercheur en sociologie. Dès le début du livre, la bécane et son usage sont considérés dans l’écosystème « transport urbain », c’est à dire le découpage modale° des « outils de la mobilité » mis en concurrence les uns les autres en différents lieux et différentes époques.
La bicyclette est fille d’Europe et l’auteur nous promène donc hors hexagone, pour voir comment et pourquoi ailleurs cela semble aller parfois mieux, et il en profite pour tuer l’idée du gène du vélo qui serait une spécificité de l’Europe du nord.

Ce livre offre une réponse aux questions suivantes : La multiplication des pistes cyclables suffit-elle à relancer la pratique ? Comment et pourquoi le centralisme français a fait perdre 30 ans en matière de déplacement ? Pourquoi les cyclistes passent aux rouges, Pourquoi le port du casque doit rester une question de choix personnel ?

La lecture de ce livre finie, nous ne nous tromperons plus d’adversaire, d’autant plus que par delà l’histoire contée, les encarts parsemant l’ouvrage et les sources citées offrent du solide en qualité d’argumentaire.

Le retour de la bicyclette – Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050
Frédéric HÉRAN. Un livre publié par La Découverte

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° Introduction page 9 : « Pour mesurer l’importance de la pratique de la bicyclette dans un territoire, l’indicateur le plus simple et le plus utilisé est la « part modale », c’est-à-dire la part des déplacements réalisés à vélo sur l’ensemble des déplacements, y compris à pied. Un déplacement, quant à lui, est un trajet effectué par une personne avec un ou plusieurs modes, pour un motif précis (travail, études, achats…), entre un lieu d’origine et un lieu de destination différents. Un déplacement utilisant plusieurs modes est comptabilisé selon le mode le plus lourd : par exemple, un déplacement à vélo puis en train est compté dans les déplacements en train ».

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