Un peu de tourisme.

Le mercredi de l’Ascension de mise avec un beaux temps offrait une bonne occasion pour tester l’itinéraire de la Loire à vélo.

Orléans Germigny n’est pas une distance extraordinaire, donc me voici monté à bécane et cap à l’aventure. Je ne passe par la base de l’île Charlemagne, donc je reste sur la levée, itinéraire que je connaît bien jusqu’à Jargeau. Passé St Denis en Val, il n’y a quasiment plus de voiture, ce mercredi là, deux photographes naturalistes seulement au niveau de la barrière. Il faut le dire, nous y sommes bien sur cette levée, tellement que passée la base de loisirs de Sandillon, passées les sablières, passé Jargeau, le beau temps aidant, je n’ai pas vu le panonceau pour suivre l’itinéraire et aller à Châteauneuf afin de traverser le fleuve et atteindre ma destination. Non, j’ai suivi ce rêve cycliste, m’apercevant de mon erreur face à un panneau indiquant Sully, 7 km.

Retourner c’est certes pouvoir photographier la tuilerie aux alentours de Guilly et le moulin en bois à Villabé, mais c’est aussi faire quelque 10 km, puis 5 de plus pour Germigny, continuer c’est faire aussi une quinzaine de kilomètre. Il fait beau, la question ne se pose pas et Sully nous accueille après moins de 2 heures de vélo pour moins de 50 km donnés par la carte.

  • Le lien du site de l’office de tourisme, ici.

La Loire traversée du sud au nord, direction St Benoît sur Loire. Vous trouverez ici en limousin-occitan la version originale de ce billet. J’y explique notamment que l’abbaye de Fleury a abrié longtemps deux trésors de la langue d’oc, le Boèce, aujourd’hui conservé à Orléans, et un second texte aujourd’hui au Vatican, donné en son temps par Catherine de Médicis sauf erreur.

[…] La langue, que les habitants du Midi parlaient au moyen-âge, présente comme plus anciens monuments d’ordre littéraire un poème sur Boèce (fragment de 257 vers décasyllabiques) et une Chanson de Sainte Foy d’Agen (593 vers octosyllabiques en tirades monorimes), rédigés sans doute le premier aux environs de l’an 1000 du côté du Limousin, l’autre au milieu du XIe siècle dans la région de Narbonne. Cette langue se subdivisait, comme celle du Nord, en nombreux dialectes : mais elle eut aussi, dès le début du XIIe siècle, une forme classique et littéraire en usage du Limousin jusqu’à la Méditerranée, et dans laquelle fut écrite pendant deux cents ans la poésie lyrique des trobadors – Guillaume de Poitiers, Jaufre Rudel, Bernart de Ventadorn, Giraut de Bornelh, Peire Vidal, Bertran de Born, Arnaut Daniel…

Cette langue classique du Midi eut une floraison précoce et fut, dès ses débuts, le plus harmonieux et le plus parfait des idiomes romans de l’époque. Elle a été justement célèbre dans les cours princières et seigneuriales, et sa gloire fut portée par les trobadors au-delà des Alpes et des Pyrénées. On lui a donné de bonne heure divers noms, dont quatre principaux : langue romane par excellence, langue limousine, langue d’oc, et enfin langue provençale du nom des Provinciales qui se distinguaient des habitants du nord, les Francigenae. […]

Éléments de linguistique romane – Édouard Bourciez (1910).

St Benoît sur Loire a été également le refuge du poète Max Jacob (1876-1944), figure de la littérature moderne qui fût arrêté par la police et déporté au camp de Drancy. Il repose aujourd’hui au cimetière du village.

C’est sur la portion Sully-Châteauneuf que parfois, il y a eut des choix étranges dans les aménagements cyclables de la Loire à vélo. J’appelle étrange cette idée saugrenue de nous faire quitter la levée, ouverte aux voitures à cet endroit, pour un chemin de servitude goudronné. Idée étrange que de nous couper de la vue sur la Loire. Ce mercredi était jour d’épandage d’un quelconque produit chimique, je me suis retrouvé un peu con avec vue sur la levée à ma gauche, vue sur les masques à gaz des ouvriers agricoles à ma droite. Dès que j’en ai eu la possibilité, j’ai regrimpé sur la levée, la circulation n’était pas très importante et je préfère de loin l’odeur des acacias en fleur à celle des épandages inconnus.

Germigny est une destination pour laquelle il faut quitter l’itinéraire officiel et faire un détour d’environ 2 km, c’est très très bien indiqué.

Germigny est un rare témoignage de l’art carolingien, avec une mosaïque magnifique et unique. C’est une des plus anciennes églises de France.

  • Le lien du site de l’office de tourisme, ici.

Les nourritures de l’esprit en ayant rencontré d’autres, plus terrestres celles-ci, la boucle « du nord » se termine à Châteauneuf dont le pont est un moyen pour traverser de nouveau la Loire, enfin le sud, le soleil. Je ne serai pas sans guetter l’endroit où se trouve le panonceau oublié le matin.

Arrivé au pont Thinat, c’est l’occasion de ne pas « rentrer dans Orléans » avec ses quais de Loire si peu pratiques, ses ruelles petit-pavées glissantes, son absence de volonté de nous dire « bienvenue » mais a contrario « touriste, tu représentes entre 50 à 70€00 – de la droite régionale à la droite départementale – alors, consomme et ferme la ! ».

Arrivé au pont Thinat, 100 km dans les mollets, l’occasion de suivre les nouvelles bandes cyclables peintes le long de la levée des Capucins – bandes qui ne figurent pas sur la carte 2015 de l’Agglo – pas indispensables à cet endroit, mais pas inutiles non plus, d’autant plus que sur le quai des Augustins, l’absence d’aménagement se fait cruellement sentir jusqu’au pont Georges V et au-delà, le long de hippodrome pour relier l’itinéraire officiel.

Publicités