Un chef d’entreprise qui roule vélo.

J’ai promis une série de portraits de cyclistes ordinaires et quotidiens — portraits véridiques non-enjolivés mais légèrement romancés et volontairement imprécis —, voici celui dont j’ai parlé lors de l’atelier. Voici le premier : un chef d’entreprise convaincu que dans l’Agglo c’est à vélo que cela se passe, pas en auto.

Samedi matin de bruine

C’était un rendez-vous compliqué à prendre en semaine, cause boulot pour moi et plus que tout, les horaires du soir pour les employés de cette entreprise. C’est donc le patron qui viendra, finalement en ce samedi matin de bruine, en… vélo électrique.

Corpulent, d’âge mur, d’emblée il m’explique que c’est la condition sine qua non pour lui pour se déplacer, et venir dans le centre ville en auto, il ne faut même pas y songer.

Je ne lui avais jusqu’alors rien demandé, mais je pense qu’on va causer un peu une fois le diagnostique de l’appartement terminé. Je lui propose mon aide pour porter le matériel, somme toute plus volumineux que lourd, il la refuse tout comme le café. Après tout, il est là pour bosser 😉

Son travail fait, il m’explique le cheminent vers le quasi tout vélo électrique.

Il était une fois…

Un jour, pour un déplacement de la médiathèque jusqu’au parc Pasteur — environ 1,5 kilomètre — un des employés avait mis 40 minutes en automobile. Le déclic. Il avait déjà un vélo électrique pour son usage personnel, la prochaine fois, l’employé mettra moins de temps et pédalera. Avec des aides, l’entreprise a acheté quelques vélos électriques, des vélos traditionnels pour les déplacements urbains.

Et puis, un jour, rendez-vous à Chécy — environ 12 kilomètres — pour un diagnostique. Avec une employée, il consulte la carte sur l’internet et constate qu’ils vont être en retard d’un quart d’heure. Ce sont des gens bien élevés et préviennent de leur retard à venir. L’homme éclate de rire. La voiture n’a pas démarré pour d’obscures raisons. « On prend les vélos électriques, retard pour retard… ». Et les voila à prendre les quais, le chemin jusqu’à Chécy, en faisant attention aux piétons car ils ont consciences de la vitesse plus élevée due à électricité. Ils arriveront finalement à l’heure.

« À partir de ce jour, dans l’Agglo, c’est à vélo. On s’organise un peu, mais c’est à vélo pour tout le monde. Nous avons peu de matériel, de plus avec l’assistance, c’est transparent. C’est à vélo sauf s’il pleut, ou si c’est trop lourd. C’est stupide d’avoir une flotte auto pour une TPE comme la notre ».

Les problèmes rencontrés au quotidien sont les pavés glissants, mal posés et inconfortables d’une part, mais ce problème est souvent contourné par des chemins alternatifs, et compensé alors par la vitesse de l’engin. Le second grand problème est l’absence d’un réseau cohérent, homogène, en sachant qu’ils ne vont pas sur les trottoirs grimés des logos vélos, car le trottoir, c’est l’espace réservé du piéton °°°.

Quoi d’autre ?

La météo est parfois un frein. Mais c’est un impondérable de la vie.


* * * * *

Et bien, en dehors de la gestion des déchets, et ce n’est pas une mince affaire, vous parlez à un convaincu.

°°°

Afin de documenter la thématique des trottoirs partagés entre piétons et cyclistes à l’étranger, la DSCR [1] a demandé au Cerema de faire un état des lieux des pratiques chez nos voisins européens, là où la réglementation était en place en application de la convention de Vienne : Suisse, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni principalement.


Et le #gcum du soir sur la mini-bande cycliste boulevard Riobé.

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Ce que ne montre pas l’image, ce sont les deux ados à vélo qui ont fait un écart pour éviter le connard qui papote avec son voisin. Faut-il un mort ?

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