Appliquette — second

Dans un premier billet (>fr), j’avais écrit :

Selon le chef de l’Agglo

« c’est un truc qui va vivre, car l’idée est de mettre à jour régulièrement les nouveaux aménagements cyclables, sans attendre la parution de la carte, et que ce soit aussi un réceptacle pour recueillir les demandes des utilisateurs, pour être plus réactifs ».

Attention, ces propos ont été tenus dans le journal local (>fr), n’allez pas croire que c’était suivi d’un test de la chose par les journalistes, ou même que « mettre à jour les nouveaux aménagements » soit une parole annonçant l’avènement d’une politique avec mise en œuvre d’un réseau cyclable homogène à l’échelle de l’Agglo sur 5 ans.

Du coup « kicékikisikol » au test

Appliquette chèrement payée par l’Agglo (>fr) pour tomber sur ça :

geovelo_lalo

Capture d’écran d’un trajet entre un premier centre social de la mégalopole d’Orléans (>fr) et un second. Pour le dire autrement, il ne faudrait pas qu’une tricoteuse de mobilier urbain ait besoin d’aller chercher de la laine d’un lieu à l’autre, qu’un papa dépose sa gamine au théâtre le temps d’aller jardiner à un autre endroit, que… toutes situations du quotidien pour des citoyen-ne-s.
Ou alors, il faut clairement dire aux touristes de verser une participation à la chose en sus des 50€00 à 150€00 espérés voir dépensés entre la visite de la cathédrale et un truc programmé dans l’appliquette.

Cet exemple n’est pas le seul, avec le même point de départ pour une salle municipale à Fleury, le message est le même. Mais Fleury (>fr) est la ville qui avait fait passer les cyclistes dans la bibliothèque, ceci explique cela.

Comparaison n’est pas raison mais voici avec les même données d’entrée la capture d’écran de Naviki (>fr) — Naviki, un ami pour la vie 🙂 — payé par VW, faites gaffe à vos poumons.

geovelo_lalo_naviki

Du côté des grands fauves

Après mon premier billet au sujet de l’appliquette Géovélo, j’ai essuyé un commentaire peu agréable. Profitons des mises à jour pour voir ceci sur le site de déchargement de Naviki (>fr-androïd) :

capture-decran_2016-12-09_21-12-33

De bonne guerre, allons voir les occupations des deux grands fauves à une étoile :

Je ne cherche pas plus loin d’où viennent les commentaires des ravis de la crèche sur le site de téléchargement de Géovélo, et pourquoi ma seule étoile ne figure pas, même en étant le commentaire le plus récent, en même temps, il y a moins de 10 votes, donc peu d’utilisateurs ou utilisatrices. J’ai plus de quatre ans, suite du billet.

Vues de l’Agglo

En vérité, l’appliquette si chère à la communication de la mégalopole est là pour veiller à votre sécurité. Elle ne trouve rien pour ne pas que le touriste à plumer affronte ça — rue du Bourdon Blanc :

catholiste

École religieuse fournisseuse officiel en Jehanne d’Arc depuis 500 ans… sauf le jour où il y aura une morte.

La BMW est régulièrement garée comme une merde, la seconde bagnole force le passage alors que le cycliste devant moi s’engage. La chauffarde avec un nœud dans les cheveux nous fait un petit signe de la main pour nous narguer dire merci avant d’aller se stationner devant la BMW, sous le panneau d’interdiction car à Orléans on ne met pas d’amende.

Et tant pis pour la troisième cycliste emmerdée…

bblanc

J’ai une BMW, je suis une racaille de bénitier

Du coup, merci Géovélo d’épargner ce quotidien aux cyclistes qui viendraient faire du tourisme dans Orléans.

Trouver l’itinéraire

En vérité, je pense qu’en dehors de l’interface peut intuitive, peu pratique avec le champ de recherche en vert sur fond du même vert, Géo-vélo est trop précise. Elle cherche à faire dans la qualité — mais qualité n’est pas un mot français — alors que nous sommes en train de parler « déplacement à bicyclette », donc pratique. Attention gros mot : par « efficacité », Naviki vous porte d’un morceau de rue à un autre, c’est une autre philosophie.

Les deux systèmes vous laissent changer plus ou moins facilement vos paramètres de vitesse et vous donnent accès à des sortes de profil — attention, le site de Naviki vous donne accès à tous les profils, sur l’appli éponyme, c’est un service payant — mais Naviki t’es plus jolie 🙂

L’appli de l’Agglo ne trouve pas le centre social de l’Argonne car c’est en banlieue les données entrées dans Open Street Map (>fr) sont complexes. La signalétique arrête la rue en amont du centre social, vers le parc de stationnement d’un immeuble, alors que la rue physique continue sur 150m. En modifiant de beaucoup le point d’arrivée, on tombe sur ça :

geovelo_mozart

Vous avez le choix entre un itinéraire en créneaux sur les pavés disjoints — le bleu foncé — avec tour d’un des rond-points les plus cons de la mégapole, mais validé en son temps par les fauxcialistes, plus de 5 minutes à pied en respectant le cheminement officiel. Ou alors l’itinéraire avec créneaux aussi — en mauve clair — qui lui, vous fait passer sur un parking puis sur un chemin déguisé en voie verte par le seul désir des grands fauves de la mégalopole. Mais ça, les appliquettes ne le disent pas, aucunes.

Voici la carte de l’itinéraire Bourgogne Argonne illustré ci-dessous :

geovelo_lalo_naviki_bis

Sur la carte précédente, sont « imposés » des point-de-passages car ni Géovelo ni Naviki ne font passer par la zone 20  de la porte St Vincent— photos prises début janvier 2017, un itinéraire a été peint depuis la mi-février 2017 :

z20

Zone 20, tout est permis.

Passage derrière le théâtre jusqu’au boulevard :

bvd

Ce carrefour est régulé par des feux sur le boulevard.

Le quartier St Marc, refait à l’identique sauf la petite-pavé-glissant-tisation passée par là — pour faire ancien — sur les trottoirs, donc les « gens » marchent sur la route maintenant :

stmarc

Encore un cycliste, mine de rien.

Les 2 applies oublient de facto la voie verte Irène Joliot-Curie, mais elle est cernée d’un trottoir d’entrée et d’un de sortie — en modifiant le point de chute, la voie verte est prise en compte :

La mosquée de l’Argonne organise des journée porte-ouvertes :

mosquee

Un religieux, même apprenti en Twingo, n’a d’autres dieux que sa bagnole, son levier de vitesse et le carburant pour emballer ses croyances et superstitions. Les commandements contenus dans le grand livre du code de la route ne sont jamais suivis.

Autres tentatives

Oublions ici que Géovélo vous fait souvent prendre des sens-interdits — Orléans Mégalopole prend en charge les amendes à venir — pour faire un test sur un second itinéraire.

Voici un premier diaporama avec les différents réglages — quotidien, court, rapide — sur un trajet quartier de l’Argonne-quartier Madeleine, ceci en référence aux aménagements à venir sur un éléments essentiel de la circulation vélo (>fr).

Je ne vais pas commenter les itinéraires proposés, ou encore les options, mais parfois il faut se perdre un peu pour mieux se trouver.

Voici le même trajet avec des point-de-passages obligatoires. GéoVélo a vraiment des choix qui collent aux mauvaises réalisations de ses financeurs, le long de la seconde ligne de tramway par exemple, là où Naviki — 😉 — va au plus homogène et surtout au plus court.

Autre tentative pour une amie qui cherche à aller de la Madeleine à Saran, elle est cycliste, peu expérimentée pour un long trajet au quotidien.

Nous parlerons de vives voix des différentes voies proposées.

En conclusion

Encore une fois, les goûts et les couleurs se discutent.
Au quotidien, les deux appliquettes ne sont d’aucunes utilités. Un bon plan et une bonne connaissance de la géographie de votre lieu de résidence feront l’affaire. Les vélotaffeurs et vélotaffeuses ont souvent étudié le trajet sur des sites en ligne et, en cas de travaux, ils savent retrouver un itinéraire, voir ils ou elles demandent l’aide de quelqu’un qui fait un trajet similaire.
Pas la peine de me parler de mise à jour ou d’actualisation en temps réel et-ta-sœur-en-short-devant-le-siège-de-l’Agglo, c’est du bobard techno-geek pour faire fun, ouizze, et faire bader * d’envie le premier crétin devant une merde qui clignote — en fin d’année des badauds allaient photographier le diaporama projeté sur la cathédrale — joies de l’enfance.
Pour le touriste, si son GPS de bagnole est détachable, il aura là un véritable outil de navigation entre les mains, autrement, mieux vaut lui conseiller de faire un tour au syndicat d’initiative (>fr) pour chercher un plan de la ville… en entier… non, je plaisante. Avec les appliquettes, le touriste risque de vite se perdre passé l’hyper-centre-ville, en plus d’être ridicule le nez dans le machin sur les circuits découvertes.


* « bader » est un limousinisme, à mi-chemin entre « béer » et « baver »

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15 réflexions sur “Appliquette — second

    • janpeire dit :

      Hilaire prépare ses « longues » excursions sur un autre site. Très longtemps, j’utilisai un autre site. Les goûts et les couleurs, ça se discute. Le gros plus de Naviki, ce sont les 6 profils, son gros moins, ses sponsors (et sur intelliphone, le côté payant).

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    • janpeire dit :

      En dehors de l’appli dont je prépare le billet depuis un petit moment (et avant de perdre mes films lors d’une sauvegarde hasardeuse) je voulais montrer qu’il y a beaucoup de vélo dans Orléans (environ 10 en 10mn de trajet un vendredi de froid à 18h00) et l’utilité d’un bon (?) éclairage à cause des obstacles posés un peu partout pour nous ralentir.

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      • Jeanne à vélo dit :

        Super billet, rien à redire là-dessus. Le passage rue du Bourdon blanc est un splendide cas d’école (ah ah !).

        Et que dire de ta découverte de la cour d’école maternelle cachée ! Simplement 😀

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  1. Gael dit :

    Merci de citer ce qui dans mon commentaire était « désagréable » lors de mon précédent commentaire ? Là vous me surprenez vraiment… je ne savais pas que je vous avais choqué à ce point. Je suis d’accord pour discuter avec vous de l’application, à condition que cela se passe dans le respect de chacun.

    Pour mon commentaire sur Naviki, il date du 21 octobre. Votre message sur votre blog date du 6 décembre. Il n’y a pas de liens entre les deux. Je teste toutes les applications similaires à Geovelo (un peu normal c’est mon travail). Naviki j’ai detesté, j’ai le droit ? On peut en débattre si ça vous intéresse.

    Le premier itinéraire ne passe pas sur Geovelo car il y a un sens unique Rue Edouard Lalo. Nous allons regarder.

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    • janpeire dit :

      Bonsoir,
      J’ai écrit « peu agréable ». Je laisse les lecteurs et lectrices libres d’avoir des avis plus nuancés que les miens.
      Par exemple, vous écriviez dans ce commentaire « Enfin, concernant le prix, arrêtez de relayer ce genre d’information, on aimerait bien avoir été payé autant mais ce n’est pas le cas ».
      Mais, jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas moi qui annonce le chiffre mais celui dont on ne doit pas prononcer le nom. Il le fait même dans le journal (il y a le lien), en même temps que la propagande du « truc »(l’expression est de lui).

      Un problème de date ! Sérieusement.
      Que mon premier billet sur Géovélo ne date que du 6 décembre 2016 est une chose, mon commentaire sur le site de téléchargement date, lui, du 21 octobre 2016 et vous y avez répondu le 16 novembre 2016. Dans le-dit commentaire je cite mon amie Naviki, donc oui , je suis en droit d’imaginer un lien, non ? :
      null

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    • Jeanne à vélo dit :

      Comme précisé dans le billet, le problème vient souvent des données OpenStreetMap sur lesquelles repose Géovelo. Jusqu’à ce que je corrige récemment les données, Géovelo faisait par exemple passer les cyclistes sur le pont Joffre alors qu’il est interdit aux vélos.

      Je ne sais pas si les collectivités qui adoptent votre produit comprennent vraiment son principe de fonctionnement. Si personne ne contrôle la qualité des données d’OpenStreetMap et ne corrige les erreurs, l’appli perd beaucoup en intérêt.

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      • Gael dit :

        Oui c’est à la fois sa force et sa faiblesse. Plus les utilisateurs sont nombreux est moins il y a ce genre de soucis. Les collectivités le comprennent car elles essayent d’augmenter le nombre d’utilisateurs via une communication. Nous insistons aussi là dessus.

        Avant de lancer chaque application nous faisons un travail important de vérification des données. Mais nous ne pouvons bien sûr pas passer sur chaque rue de toute l’agglomération. Nous faisons le maximum avant le lancement de l’application, et ensuite l’idée est de travailler avec la communauté pour mettre à jour la donnée.

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        • Jeanne à vélo dit :

          Je ne sais pas comment communiquent les autres collectivités clientes de l’appli mais pour nous, ici à Orléans Métropole, le produit est vanté comme « clé en main » et non « do it yourself » (pour résumer à gros traits l’esprit collaboratif).

          Il me semble que le service voirie de la communauté urbaine (et bientôt métropole) devrait s’emparer du sujet.

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    • janpeire dit :

      Oupssss, j’avais oublier ce passage :
      « Le premier itinéraire ne passe pas sur Geovelo car il y a un sens unique Rue Edouard Lalo. Nous allons regarder. »

      Non, justement, là ce n’est pas de votre faute. C’est un problème plus complexe entre les données d’OSM (probablement) et la réalité du terrain. Le problème des données « entrées directement » comme un numéro de rue, c’est que Géovélo cherche « avec le n°», d’où des erreurs de ce type.
      Naviki ne fait pas ces erreurs car est considérée « globalement » (je ne suis pas dans le secret des dieux) la zone de pointage.

      Mais, pour mamaiser un peu, cela n’explique pas pourquoi les Z20 ne sont pas prise en compte par l’une comme l’autre.

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