Ingré

Quitter St Jean La Ruelle en direction d’Ingré n’est pas le plus difficile, mais ce n’est pas le plus agréable du monde à faire à vélo. La langue de bitume de la grand-route se déroule dans une bouche édentée de quelques pavillons, sertie d’un espace informe mi-trottoir mi-désert, un pont autoroutier ferre l’ensemble.

La plaine est morne, avec ses clos, avec ses granges
Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
La plaine est morne et lasse et ne se défend plus,
La plaine est morne et morte — la ville la mange.

Emile Verhaeren « les Campagnes hallucinées, les Villes tentaculaires » (1895)

Étude de cyclabilitude les mains sur les poignées de freins

S’il y avait une volonté « aménagementrice » pour relier les villes banlieues de la mégalopole entre elles, peut-être est-ce cet axe¹ qui devrait être traité en priorité avant la route d’Orléans² :

Sur la gauche, il y a un panneau « sens-interdit – sauf vélo » (N°130 de la grand-rue), en direction du chemin du Puy Gas. Il n’y a aucun aménagement, aucune signalisation. Il faut connaître la géographie locale et avoir beaucoup de volonté pour oser prendre un tel équipement :

En vérité, je cherchai la rue de la Justice pour le « Où-suis-je ? » aperçue depuis le pare-brise de la bagnole.

Pourquoi le cycliste sur cette photo évite l’équipement qui lui est destiné, c’est vrai ça pourquoi ?


Nous sommes dans un quartier pavillonnaire, ce bout de chemin est partie intégrante d’un « réseau » à destination du groupe scolaire. Il n’y a aucune signalisation des tenants et aboutissants, ceci explique peut-être le pourquoi précédent.

 


Plus sérieusement, ces équipements semblent avoir été mis en place pour protéger les élèves de leurs parents, ce qui est une bonne idée ; une meilleure idée consisterait à supprimer l’accès aux voitures des parents, le seul accès aux transports en commun éviterait les tours, contours et vice-versa pour se retrouver au milieu de nulle part, à sauter les trottoirs… et avec la place récupérée, on installe des bancs publics, des plantes…

Rue du château d’eau

La rue large est ceinte de deux bandes peintes sur la chaussée.

Ce carrefour (probablement avec la rue Ravel) mélange plusieurs informations :

  • ou c’est un ancien aménagement qui n’a jamais été corrigé,
  • ou on attend des usagers d’un certain véhicule à deux roues un type de comportement incompréhensible,
  • ou il faut faire usage de substances illicites peut-être en usage à la mai… c’est une hypothèse.

 


Manque de signalisation

Pourquoi n’y a t-il pas un simple panneau à destination des cyclistes indiquant que la rue des marguerites — sur la gauche — et le chemin éponyme, les mèneront à Ormes, en toute tranquillité, même si l’équipement est un peu vieillot :

Voies vertes mon amour

Le CEREMA (>fr) — centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (anciennement CERTU) — précise :

La notion de « route » confirme d’ores et déjà que la voie verte doit être considérée comme une emprise indépendante en site propre et non comme une dépendance d’une voie existante : par exemple, un trottoir ne peut pas être considéré comme une voie verte.
[…] L’aspect final est de type « promenade », voire d’une contre-allée et en aucun cas celui d’un trottoir.

Le panneau est sur le trottoir (pas loin de la mairie) peut-être indique-t-il le chemin, peut-être a-t-il été oublié là ?

Comment dire, pour utiliser icelle, il faut pouvoir monter dessus, non ? Et ne parlons pas de la secousse lors de la descente, face à la route car rien n’est fait pour l’intégrer convenablement dans un réseau.

Quitter Ingré, par la route d’Orléans

Il y a au début de la route des bandes peintes, puis par la magie d’un panneau qui ne devrait pas se trouver là — il faut un arrêté du maire et l’autorisation du préfet pour exclure les engins motorisés d’une « piste cyclable » — les cyclistes sont invités à monter sur le trottoir.

Sur 200m pour ensuite tourner un coup à gauche, à droite, se taper des bordures… bref un équipement obsolète (en milieu urbain, il est recommandé de ne pas faire de bandes bi-directionnelles).

Conclusion en 5 points

1. Il y a des choses de faites c’est indéniable, mais, ce n’est pas homogène, et souvent les équipements sont obsolètes.
2. Avant de « concevoir » de nouveaux équipements, il serait souhaitable d’optimiser l’existant par de la signalisation :

  • Bannir le panneau B22a rond au profit du panneau C113 carré
    b22

c113

pour privilégier l’usage facultatif des pistes ou bandes, le cycliste gardant la possibilité de circuler sur la chaussée (comme cela est fait rue du château d’eau).

« Désormais, l’aménageur a le choix entre le panneau C113 et le marquage au sol de la figurine vélo réglementaire pour signaler une voie conseillée et réservée aux cyclistes. Ceci introduit de la souplesse et permet de s’affranchir de situations où la répétition du panneau à chaque carrefour n’est pas nécessaire à la visibilité et la lisibilité de l’aménagement ».

JOUANNOT Thomas, « Du nouveau pour la signalisation vélo », site du CERTU , 26 décembre 2011

  • Poser de la signalisation directionnelle à destination des vélos pour ne pas réserver l’usage des chemins aux « sachants », ce, pour les grandes directions : Ormes, La Chapelle, St Jean, le centre scolaire, la mairie, la salle des fêtes…
  • Généraliser les panonceaux « tournez à droite » — le petit modèle — aux feux (sauf s’il y a un danger réel (sens interdit sans contre-sens par exemple)).
  • Poser des arceaux à vélo, des modèles simples, pas des pince-roues ou des trucs « design » qui font peurs.
  • Supprimer les bordures le long des itinéraires existants et des entrée-sorties.
  • Entretenir les « chemins » cyclables (débris nombreux…).

3. Faire fi d’un usage prédestiné de l’équipement. Pour comprendre cela, il faut que les aménageurs, les aménageuses, les concepteurs, les conceptrices, montent à vélo au moins une fois par semaine et utilisent ce qu’ils ont « créé ».

Par exemple : peut-être qu’une piste, sans pavés, sans circonvolutions, une piste unidirectionnelle de part et d’autre de la chaussée, allant de la salle Boutrouche à la mairie, même en passant devant le centre scolaire donnerait envie d’aller chercher le pain à vélo chez un boulanger, en lieu et place du supermarché.

4. Le cycliste est comme la vache, entre deux points, il va droit. Plus un équipement est simple, pensé du point de vue du cycliste, plus il sera facile d’intervenir dessus lors des modifications ultérieures.

5. Contrairement à cette bafouille, plus un équipement est simple, plus il sera utilisé.


Notes : n’est pas considéré ici la bande bi-directionnelle peinte aléatoirement sur le trottoir et enferrée par un étron de ciment en direction de la Chapelle.

¹ l’avantage de cette route est qu’elle va jusqu’à Ormes et possède un joignant avec la rue Passe-debout pour relier Saran.

² qui se termine dans une zone industrielle.


  • Le site de la ville d’Ingré (>fr-site de la ville) 
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2 réflexions sur “Ingré

  1. janpeire dit :

    Merci pour le commentaire.
    J’ai ajouté 3 lignes sur le trottoir à sauter en sortant de cette voie verte. Je pense que la voirie va être refaite à cet endroit, c’est une place en travaux suite aux travaux dans la rue qui mène à la mairie (bac, pavés…)

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