Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

7 Jehannes en territoire d’exil — Marie-Jeanne

«Bonjour, comment allez-vous ? Ça fait bien 2 jours qu’on vous voyait plus. Oui, on est vendredi aujourd’hui. Le lendemain que vous avez acheté un vélo.
— M’en parlez pas. J’ai manqué me faire renverser par une voiture. Donc je me suis enfermée chez moi pour me calmer et travailler sur mon dossier.
— Mais les autres n’y sont pour rien dans ce qui vous arrive. Il ne faut pas le garder pour vous.
— Je sais bien mais c’est plus fort que moi. J’étais en colère d’avoir dû éviter une voiture pour ne pas m’affaler, et plus que tout que cela faisait rire les occupants de la voiture. Plus de peur que de mal mais une colère sourde.
— Vous êtes une sanguine, avec votre bicyclette orange, ça fait la paire.
— Faut bien un boulanger pour dire des bêtises comme ça. Ma bicyclette est mandarine. Pour la peine, je vais prendre 2 parts de gâteau à la noix.
— Vous pouvez même l’acheter en entier. Je préfère les gens vivants, ils mangent plus »
Sonia en rangeant ses gâteaux dans son sac souriait. La vie de quartier, cela peut aussi être une seconde famille.
Les neuf heures sonnaient. Elle avait assez de temps pour laisser la rue de Bourgogne et rejoindre la gare. Peut-être avaient-ils eut finalement raison les amis de changer les dates des vacances. Aller les chercher est une très bonne excuse pour poser un peu les livres et laisser mariner son enquête. Sortir c’était enfin respirer, la bicyclette st un remède contre les vachetés de la vie.
Pour une fois, la rue du Bourdon blanc était libre de toute occupation parentale. La rue Petit forçait sa tranquillité légendaire face à un passage piéton, secret dans sa traversée du parking mais raccourci immense par sa praticité pour atteindre le boulevard. Sonia était heureuse d’avoir suivi une cycliste une fois sur ce chemin-là, confiante dans la connaissance de la part des locaux dans ces détails urbains, même si l’absence d’aménagements provoque quelques désagréables soubresauts.
Le lycée se montre, le boulevard et la route du cimetière. Un itinéraire de choix et tout roulait, elle pensait même être un peu en avance pour cause d’une course amicale avec sa voisine qui allait dans la même direction.
Tout roulait et elle se songeait en avance mais c’était sans compter sur un petit vieux sur un vélo en libre service qui, arrivant en contre-sens, pris tous les deux en sandwitch par l’étron de ciment l’obligea à monter sur le trottoir plein de déchets dont un tesson de bouteille qui alla lui percer un pneu.
Le dernier tronçon du trajet se fit le vélo tenu par une main, le téléphone dans l’autre. Bien sur, Piarron se ficha d’elle et de son manque de prévoyance, mais elle feignit le jeu de la colère, car le fidèle chevalier servant ne tarderait pas à venir la dépanner.

Sylvaine accompagnée de son homme, Guillaume, descendaient du train. Comme dans maintes gares, suivre la lente procession ses voyageurs et un moyen garanti pour sortir du lieu. Présentement, une grande partie nourrit le tramway, une autre portion les multiples autos stationnées sur le parvis. Peu seront les usagers de la marche ou du téléphérique. Les deux derniers arrivés étaient des adeptes du vélo-pliant.

« Attention, tu pinces le caoutchouc.
— Mais non, c’est ton truc qui est trop dur. Il me gêne. C’est trop épais pour ce genre de trou.
— C’est toi qui ne sais pas t’y prendre. Avant de pousser, enlève le capuchon.
— Comme ça ? Ah oui, maintenant que c’est au fond, je peux pousser… »
Syvaine et Guillaume étaient morts de rire devant le spectacle offert au sortir de la gare.
« Ça va vous deux, on vous entendait depuis St Pierre des Corps.
— C’est lui qui sait pas m’expliquer comment réparer la chambre.
— Tu es en train de t’enfoncer jeune fille. »
Et un nouvel éclat de rire clôtura la petite scène de boulevard.
La réparation achevée, les deux vélo-pliants dépliés, et les sacoches adaptées accrochées, la petite équipée se préparait pour rejoindre le centre urbain.
Piarron décida de jouer les premiers de cordée et les guides touristiques.
« Nous n’allons pas prendre la plate-forme du tram pour ne pas gêner les automobiles qui circulent dessus, ce au bénéfice de la bande et ainsi rejoindre en sécurité l’autre côté du cimetière, plus agréable à utiliser que l’étron de ciment et creveur de roues. Attention, rue Vignat, nous ne suivrons pas le trottoir afin de pouvoir prendre le contre-sens et visiter le derrière du palais des sports.
— Mais Janie ne m’a pas donnée ce trajet.
— Peut-être, mais nous avons le temps d’une ballade culturelle avant de manger.
— Et dites donc, c’est quoi ce graffiti, s’écria Sylvaine en regardant la façade du parking.
— Ce graffito la corrigea Guillaume, est une déclaration d’amour. “ Marie-Jeanne, je te veux ”. L’amour fait faire bien des bêtises et écrire des sottises.
— Ho Guillaume, si tu n’existais pas.
— N’empêche, il n’y a pas de faute, quelqu’un de bonne éducation, c’est bien pour des jeunes. Certains et peu-être certains dans les journaux les critiquent.
— Ils sont grands tes jeunes, le graffiti est a 2m.
— Et bien, pour faire ce graffito, ils ont utilisé une échelle, peut-être ce téléphérique ou que sais-je, il y en a un qui est monté sur les épaules de l’autre, acheva un Guillaume heureux de ses traits d’esprit ».

Sylvaine en qualité de policière, en était encore à chercher l’âme de la région ; une telle inscription la chiffonnait, quoique les auteurs avaient mis les formes. Aussi, elle bâtissait des plans, des raisons, des causes, des besoins sur les pourquoi du comment de la chose… Enfin, elle profita du voyage pour placoter un peu avec son amie journaliste. Cette dernière ne manqua pas de lui parler de l’affaire du moment, c’est-à-dire, la bicyclette du disparu qui est ré-apparue.
La policière lui demanda aussitôt où en était l’enquête, la sienne, en tant que journaliste. Guillaume fit tinter le timbre de son vélo et lui rappela qu’ils étaient en vacances.
« Tu sais bien que nous les journalistes… le maire tente d’orienter l’enquête vers des militants cyclistes qui auraient pu vouloir se venger de la politique cyclable, mais je n’y crois pas un brin. Surtout que les fameux projets, l’autoroute à vélo et le réseau pour augmenter la part modale sont eux aussi disparus. Il en demeure une rumeur, et ici, elle va bon train. Entre nous, le téléphérique serait en construction que je serais allée fouiller chacun des poteaux que le cadavre n’y soit pas laissé gisant par le maire actuel.
— Ce sont des accusations lourdes que tu porte là.
— Le monde politique local est truffé de grands fauves qui tentent de crier “grouar” pour s’affirmer alors qu’ils ne savent que miauler. Mais si tu veux, après le repas, nous irons là où la bicyclette a été retrouvée.
— Nous ferions mieux de nous promener dans Orléans, reprit Guillaume, il y a plein de choses géniales paraît-il »

le groupe arriva rue Albert Laville, l’occasion pour Piarron de faire descendre tout son monde, car la rue est en sens unique, de plus pour visiter, voir, contempler, il faut être libre dans ces mouvements.
« Nous ne sommes pas ici dans une partie mise en valeur par le syndicat d’initiative de la ville. Pourtant, dans cet îlot, l’architecture est cohérente. Les motifs sont « art déco », un peu partout, sauf sur le palais des sports. Ces mêmes motifs se retrouvent dans les rues adjacentes. C’est un endroit très agréable à visiter, vierge de la plaie touristique qui lève le nez sur ordre. Si cela vous intéresse, et parce que demain nous faisons la vélorution, je propose que après le repas, nous allions voir l’endroit où le vélo a été retrouvé. Sur le chemin, nous quitterons l’art déco au profit de l’architecture utilitaire et un peu d’art Nouveau.»
Le guide ayant terminé ses explication et annoncé le programme, le groupe reprit le chemin vers l’hôtel situé dans la rue de la République. L’heure de manger s’approchait.

~1330

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Cette entrée a été publiée le 18/11/2017 par dans Non classé.

Jeanne à vélo en vidéo

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