Vider ses sacoches, billet fastoche

Attention, ce n’est pas un billet sur « l’après » d’un grand voyage à vélo, non, c’est seulement un billet de racontars et autres propos tenus ou entendus au coin du zinc, à la suite de l’épisode neigeux. Pour information, le tenancier de ce cyber-cahier est toujours en train de participer au NaHaiWriMo (>fr-lm).

Pour les tenants de billets bien écrits, jolis, avec de la poésie circonstanciée, surfez ici (>fr) :

Paris glacé, Paris enneigé mais Paris apaisée ! … Apaisée dans sa « circulabilité », apaisée par la « cyclabilité », avec le concours des armées célestes…

Le dire avec un tanka :

Armée de l’hiver
Fondue faute de renforts.
— Amas résistants.

Sourdre au pied des arbres.
Changement d’état — printemps.

Remonter dans le temps

Aller faire un tour dans les archives du journal local, c’est trouver cet article (>fr)(publié le 12/11/2017 à 17h15, mis à jour le 05/02/2018 à 14h21), étrangement mis-à-jour il y a peu.

Stock de sel, matériel et personnels mobilisables, moyens d’alerte… Le conseil départemental du Loiret a prévu tout un dispositif.

Enfin, le but de ce marronnier hivernal est de nous faire comprendre que « elle peut arriver, c’te saloperie de neige, nous sommes prêts ! ».

Ceci est une question de point de vue, tant sur la neige que sur la préparation.

Au coin du zinc

Depuis qu’elle est partie, la neige, les langues se délient :

« Ça glissait partout, place du Martroy, rue de Bourgogne… » ;
« “Ils” sont passés saler, comme on aimerait semer la mauvaise herbe dans un champ de blé, avec parcimonie !
— avec un appareil, non ?
— allez, rentrez chez-vous non pas dire des bêtises » ;
« Quel est le con qui a choisi les pavés glissants devant la cathédrale… » ;
« Va traverser avec une poussette à la cathédrale, déjà en temps normal c’est chiant, avec la neige… ».

Voici un florilège de propos faciles à tenir de quelques-un⋅e⋅s qui n’ont pas pris 2 minutes pour balayer devant chez eux. Même dans un petit immeuble, si le passage devant l’ensemble des boites aux lettres est « nettoyé » de la neige, c’est un gain en confort, en sécurité et autant de neige à ne pas rentrer dans les communs.

Ces propos n’ont peut-être qu’une fonction « d’ex-voto ». L’objet des critiques sera vite oublié quand la fête des bateaux dieselement remorqués sera venue.

Il en va de la neige comme de midi, c’est sur son pas de porte qu’on la voit le mieux. Et le journal local ne fait pas exception à la règle (>fr ) (publié le 09/02/2018 à 18h38) :

« Les voiries sont désormais dégagées après l’action, la nuit dernière et toute la journée, de 8 engins et d’équipes à pied. Les axes principaux, les ponts d’Orléans, les cheminements piétons, les accès aux bâtiments publics, les arrêts de bus et les pistes cyclables ont été traités. »

Sérieusement !

Les communiqués « officiels » — dans le but de rassurer les populations inquiètes — sont une chose, vérifier au-delà de sa petite fenêtre en est une autre. Non, le vendredi soir, les « pistes cyclables » — un objet sans une définition claire dans l’esprit de la mairie et de ses porte-paroles — n’étaient pas traitées, ou alors, pas dans l’ensemble. Un de mes informateurs, pourtant avenue des Droits Humains, ne constatait la disparition de la neige sur le trottoir que par l’action du soleil, celui-ci entraînant une fonte en journée, un risque de gel la nuit venue.

Le samedi matin, aller au marché du quai du Roi se faisait pour les piétons — en marchant, forcément, en marchant — sur la route, pas sur la « Loire à traîneau ».

Côté pédales de la force

Les trajets  du matin se sont bien passés, le soir, c’était une autre paire de roues (l’aller-retour fait environ 25km).

  • le trajet du mardi 6 février 2018 au matin :
  • le trajet du mardi 6 au soir :

avec un passage par le truc de « Coligny » :

Monsieur le cycliste, ça glisse de partout, je comprend pas votre manœuvre, je suis bloquée au carrefour, passez derrière… (j’avais autant la trouille de glisser qu’elle, surtout avec le ressaut caché par la neige).

Bin j’ai un 4X4, mais ch’uis perdue au milieu du carrefour (et je fais chier tout le monde).

  • le trajet du mercredi 7 au matin :

À lire aussi ici (>fr-ce site), en camaïeu de gris et en haiku :

20180207_083514

Blanc immaculé.
Carte et territoire.
Envie de pisser.

  • le trajet du mercredi 7 au soir :
  • le trajet du jeudi 8 au matin :

Un point de fuite
Cinquante nuances de gris
Un sado-vélo

À lire aussi ici (>fr-ce site), la tête penchée 🙂 accompagnée de quelques haiku :

20180208_081203

Casque sur tête
Foulard, veste, sur-veste
Baume oublié.

  • Le trajet du jeudi 8 au soir :

Ce trajet, ce soir là, a été très éprouvant, toute la charge de l’attention reposait sur les cyclistes, rue Bannier par exemple.

komorebi (photo 1) : ce mot, japonais, illustre les mouvements des rayons du soleil à travers les feuilles des arbres.

https://soc.ialis.me/@CCCCXXVIII/99491345348320234/embed

  • le vendredi me fera apprécier le TER.

 

  • le trajet du lundi 12 au matin :

Oui, même le lundi, il y avait encore de la neige sur les trucs cyclables (voie verte de la Tuilerie).

  • le trajet du lundi 12 au soir :

Être un connard n’attend pas le nombre des années  :

Pour la défense de ces enfants, prendre le trottoir, refait en 2017, n’est pas chose facile en l’absence de bordure plate à 0 (zéro), pas excuses cependant pour les parents qui achètent ces merdes d’overboard (non illustré par la photo).

— Pourquoi ne pas avoir fait un trottoir traversant ?
— Une chose que font les belges depuis 20 ans, de quoi aurions nous l’air ?

  • le trajet du mardi 13 au soir :

Quand le cycliste affronte une tempête de neige

Quand tu rentres chez toi et qu’il y a une dizaine de voitures #GCUM tu sais que tu es à Orléans, que la police ne fait rien, et qu’il y a une école confessionnelle dans le coin.

Ailleurs en ville

Je suis de ceux qui pestent au moindre ressaut sur un itinéraire piéton ou cyclable. Et je ne suis pas prêt à changer d’avis.
Une seule image, celle d’un itinéraire conseillé (sur le trottoir) où ne se laisse pas facilement deviner la marche du trottoir :

Jamais ceci ne sera fait pour une place de stationnement.

Conclusion

À défaut de jeter ici une boule de neige, voici une tarte à la crème : je suis assez partagé entre la joie enfantine de la neige et les quelques difficultés rencontrées ici ou là. Plus sérieusement, je n’ai pris le vélo que pour 2 grandes raisons :

1/ se savoir ne pas être tenu pas un horaire ;
2/ être un cycliste « connaisseur » de la cyclabilité de l’agglomération.

Pour le point 1, avec la dimension exceptionnelle de la neige, l’entreprise nous permet même de ne pas aller travailler (charge à nous de récupérer ultérieurement, voir de poser un congé…). Je me suis découvert assez conciliant avec les automobilistes, et je dois reconnaître de certain⋅e⋅s une grande courtoisie.

Pour le point 2, je suis bienheureux d’être de la génération « carte » et non-pas gépéss. Face à une difficulté, les trottoirs de Fleury par exemple, le cerveau reptilien active une carte mentale pour trouver une issue et pourvoir survivre. Le système n’est pas sans limites, mais il est très souple et laisse la latitude d’aller à pied (+10km à pieds, dans la neige 😉 ).

Je terminerai ce billet fourre-tout par deux « sellefies » de mon vélo. Les deux sont du mardi 6 février 2018. Le premier a été pris le matin, avant d’ouvrir les locaux et avant d’attendre mes collègues qui grattaient, galéraient…

Le second, le soir, après l’avoir abandonné aux aléas météorologiques (ne me jugez pas trop sévèrement ! ) :

VSF Fahrradmanufaktur T-100

VSF Fahrradmanufaktur T-100

Quelques instants après, je lui faisais une déclaration d’amour en le remerciant d’être un super-méga-extra vélo, le remerciant de m’avoir si bien transporté malgré les équipements médiocres de l’agglomération d’Orléans (>fr), malgré les autos grincheuses, malgré les flocons, le verglas, malgré tout.


Plus loin, sur la toile :

On découvre que dans certains pays, faire de la luge peut-être interdit :

Et « On croit qu’on sait. Et puis on ne sait rien du tout. » :

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