Boucle 45 Sud

Au sud, c’étaient les chardons
La terre était l’horizon
Le ciel leur prison
les cyclistes touchaient le fond.

Ce chant, resté longtemps secret, fut scandé une première fois en 1923 lors du passage du cortège de Jehanne, par Athanase B. garde champêtre du quartier St Marceau.

Pour la petite histoire, les habitants des quartiers du sud de la Loire et des villages environnants plus généralement, étaient fort mécontents de l’avancement de la proposition du C45N — Cercle 45 Nord (>fr). Ils étaient fort jaloux de la réussite qui s’annonçait. Pour ne pas voir le progrès vélociclopédique leur passer sous les fenêtres, ils avaient 2 possibilités :

— Soit entrer dans les institutions de gouvernance de la cité johannique, et noyauter de l’intérieur le projet pour l’empêcher d’éclore ;

— Soit proposer un circuit sud, véritable pendant du premier.

Heureusement, c’est la seconde proposition qui a guidé avec sagesse les marcelins d’hier, pour le bonheur des cyclistes d’aujourd’hui.

Prenons rendez-vous pont Thinat à Orléans pour faire une boucle jusqu’au pont Georges V, toujours à Orléans. Entre les deux, environ 1 km. Un unique kilomètre et une seconde légende cycliste, la « Boucle 45 sud » :

Quitter Orléans

Rien de difficile. Il y a une piste aménagée sur le pont Thinat, les piétons ont même censément devoir d’être sur la promenade du pont de chemin de fer, mais nous sommes partageux. Cette piste a été filmée dans ce billet (>fr – Jeanne à vélo) et est en partie en photo dans ce billet (>fr – vélorution de 2016 sur ce cyber-cahier).

St Jean le Blanc

Une fois le pont passé, descendons, traversons et roulons sur la chaussée. Nous sommes à St Jean le Blanc. Nous rencontrerons une zone 30 — rue de la Cerisaille — en forme de chaussidou éclusé par deux fois :

Bravo pour l’écluse !

Nous nous dirigeons tout doucement vers de la piste séparée de l’avenue Douffiagues (>fr – Jeanne à vélo) puis de la route de Sandillon et la rue Creuse :

Nous devrions rouler sur des trottoirs, moins larges que plus. Si l’idée première de faire un réseau est très louable, la réalisation est assez calamiteuse — prendre l’équipement, en descendre — sans parler du manque d’entretien.

Nous entrons dans St Denis en val par la rue des Cordelles.

St Denis en val

Le système est le même, donc les critiques seront les mêmes, en plus ici, le trottoir est « aménagé » à l’économie, ce qui fait que les panneaux sont posés un peu n’importe comment, ce sans tenir compte des interruptions dans le cheminement.


Vue d’un trottoir

Nous étions rue des Cordelles, quittons-la pour « crocheter » le centre-ville de St Denis. Pour ce faire, la rue des écoles est là, puis la rue du Roussillon — pensez Boucle Sud — la rue du Bourgneuf.


Un panneau qui n’a pas sa place ici

Continuons notre tour par la rue de Cornaillère, avant de prendre la rue de Melleray jusqu’à ce superbe équipement :


Et c’est un technicien de la voirie qui gagne un tour de rond-point.

Le trottoir de la rue du chameau comporte des bosses, mais c’est l’équipement que la mairie laisse à votre disposition, quelle largesse !


Cependant, en faisant le tour de la zone horticole, le trajet est loin d’être désagréable malgré l’apparente médiocrité de l’équipement° :

Petit rappel, en agglomération la limitation de vitesse est de 50 km/h, il n’est pas indispensable de nous isoler ainsi de la circulation. À un moment, le machin va redevenir trottoir, puis il embrasse une limitation de vitesse à 70km/h, avec un « Z » comme Zozo, les cyclistes vont de nouveau être isolés, assez confortablement et multi-dimensionnellement, jusqu’à la départementale.

Au rond point, nous prendrons tout droit, route de Ligny.

St Cyr en val

Vous voilà à St Cyr en Val. Prenez la route d’Orléans, tournez à gauche jusqu’au chaussidou de la rue des planches.


Un chaussidou c’est cela, mais maintenant, il faut dire CVCB, c-à-d, chaussée à voie centrale banalisée.

Après une épingle à cheveux, vous arriverez à cela, un trottoir, située sur la route d’Olivet :

Mais vous n’y resterez pas longtemps, car vous allez prendre à droite. La piste, de bonne facture, est séparée de la chaussée. Vous bifurquerez à gauche à la patte d’oie, rue Haute. Au carrefour, prenez la rue de la racinerie, le chaussidou se poursuit, même dans la forêt, jusqu’à la rue de la gare :

Nous sommes quartier gare :

Les dangers commencent, car les aménagements sont un peu cafouilleux — cet euphémisme ne jouera en rien sur votre sécurité. Peut-être certains cyclistes, au quotidien, subissent et respectent le n’importe quoi d’attendu, c’est un choix compréhensible :

Pour ma part, en qualité de véhicule en mouvement, je n’ai pas à être une gêne pour les piétons, je ne circule donc pas sur le trottoir, peu large, voir très étroit. L’endroit n’est pas des plus agréables. Les aménageurs pensent nous avoir protégé⋅e⋅s avec l’étron de ciment, mais voici comment celui-ci se termine, rue de Concyr :


Le cycliste au sortir de l’étron se trouve mélangé aux camions, aux voyageurs de la gare, aux parents qui promènent les gamins.

Ces aménagements devraient être repris et améliorés. Il faudrait déjà élargir les bandes protégées par l’étron de ciment (ce n’est pas facile partout, mais les bandes d’herbe n’ajoutent rien à cet endroit) pour pallier le fait que certaines personnes « remontent » la chose. Il faudrait absolument mettre de la bordure 0 (zéro) aux carrefours (pas 2 ou 5cm, 0), au niveau du pont. Il faudrait revoir les équipements de ralentissement, car le coussin berlinois par temps de pluie n’est pas top-top, ni pour les vélos, ni pour les motos.

En voici quelques vues — rue de Concyr — avant d’arriver à la Source :

La Source

Nous sommes ici, au rond-point dit « du Novotel » :

Heureusement qu’il y avait une mère de famille qui éduquait son enfant aux joies du vélo ce jour-là, car, jamais, je n’aurais deviné le chemin, autant le dire.

Entrez chevaux — tunnel magique — sortez piétons.

Bref, de la rue de Concyr, visez la rue de la pomme de pin. Il n’y a pas de piste cyclable. La bande de goudron est un trottoir, rien de plus, avec des bordures plus hautes que moins.


Ligair aimerait, peut-être, respirer et mesurer la qualité de l’air qui sort des poumons cyclistes en lieu et place de la quantité de gaz des pots d’échappement.

Il y a peu de circulation, donc la chaussée n’est pas des plus désagréables, sauf au niveau du golf, mais nous comprendrons vite pourquoi :


La propagande se met au « green » pour vous porter chance.

Au bout de la rue de la pomme de pin, il y a le rond-point de Sologne, et l’avenue de l’hôpital.

Ne rigolez pas, c’est un quartier neuf (2010) mais réalisé sur un schéma de pensée des années 1950.

Équipement récent + entreprise du BTP = cycliste ! Gaffe à tes dents.

Quittons le quartier de l’hôpital, et le vouvoiement, pour le plaisir d’un zeugma. Le prochain équipement est celui de la rue Romain Rolland, ainsi réalisé pour d’obscures raisons :

Il y a même des panneaux d’une taille « autoroutesque ».

Nous sommes en zone 30. Un bon aménagement aurait été réalisé avec une écluse d’entrée (visiblement à St Jean Le Blanc, « ils » savent faire, pas à Orléans), une de sortie et le tour aurait pu être joué. Ici, les cyclistes sont censés circuler sur le truc de terre, les piétons où ils peuvent… il faut pas mettre trop de contraintes.

Allez, zou, prenons une portion de la rue de la Bolière en tournant à gauche au rond point, puis, essayons de prendre la rue Kennedy correctement. Et oui, un machin bidirectionnel en ville n’est pas facile à prendre. Si les cyclistes étaient pris en considération dans les aménagements d’Orléans la Source, pleinement pris en compte, aux intersections, le problème serait vite réglé. Cependant, par le hasard du reportage, six cyclistes circulent dans la rue sise… le machin est presque saturé, imaginez à 100 vélos à l’heure :

Pour aller à Olivet, tournons à droite, rue de Châteauroux, et suivons un peu la ligne du tramway :

Nous voyons clairement que le revêtement du trottoir-espace partagé est détérioré, alors que la route qui connaît un trafic plus important en nombre et en poids ne l’est pas. Cela veut dire que l’aménagement a été fait au rabais.

Profitons d’un point « auto-école ».

Il y a 2 voies, une pour aller tout droit, une pour tourner, la question est :

Pourquoi n’apprend-on pas au conducteur à utiliser la voie de gauche ? Elle est faite pour cela, non.

 

Olivet

Allez ! Allez ! La ligne du tram est longue, mais vous visez 45 km de distance. Et puis il est pas bien cet espace multifonctionnel ? Il combine « en même temps » une voie-verte, une piste et trottoir.

Olivet a été classée n°2 dans sa catégorie lors de l’enquête FUB, cela veut dire que certains aiment ça ! Qui suis-je pour juger ?

Nous sommes en train de quitter la piste « Victor Hugo » en direction du parc des sports par la rue de la fougère.

Bravo Olivet, cependant pour une bordure 0 (zéro) cm, dix se trouvent à 5 (cinq) cm, ce qui provoque des sauts et ressauts.

C’est pas top-top d’être isolé le long d’une chaussée limitée à 50 — encore une fois, ce chemin va vers une aire de « sports », il y a comme une contradiction, non ?


On pourrait réserver l’espace aux piétons uniquement.

Laissons-là Olivet et sa communication, nous, nous poursuivons la route en direction de St Hilaire, par la rue de la trésorerie.

St Hilaire St Mesmin

Pour St Hilaire, les équipements sont réduits au minimum rue de la trésorerie, puis rue de la quincaille. 3 pictogrammes feront bien l’affaire. C’est vraiment chiche en la matière, mais peut-être est-ce une route faiblement fréquentée, hors sportifs en voiture qui vont s’aérer les poumons à Olivet. Vous avez dit récursivité ?

Ceci dit, la ville, à l’économie, a réalisée rue du haut midi, cette zone30 d’une assez bonne manière. La circulation cycliste est suggérée par le tracé blanc, il n’y a pas de bordures — se déporter vers l’accotement ne doit pas être sans danger cependant — et des écluses ont été placées, voire déplacées car il y a des traces sur la chaussée qui ne mentent pas.

Seconde écluse du trajet, pas mal réalisée

Bien, quittons la ville après une épingle à cheveux — route d’Olivet – route d’Orléans (D951) —  en reprenant l’itinéraire de la Loire à vélo, en passant par le dernier pont sur le Loiret.


Panneau ou pas panneau, « what is the question ? »

St Pryvé St Mesmin

En passant le pont St Nicolas, vous allez prendre une piste ancienne — route de St Mesmin — peu entretenue. Soyez prudent⋅e⋅s aux intersections. En entrant dans la ville de St Pryvé, ne soyez pas surpris, le peu d’équipement a été détruit il y a peu pour les besoins du bétonnage nécessaires à des intérêts très particuliers.

De l’avenue du traité de Rome, de la rue des haute-levées jusqu’à la rue Guignegault :

Nous sortons de cette petite ville, presque charmante, par une succession de créneaux — rue Piedgrouille (>fr – ce cyber-cahier) puis rue de l’abbé Dubois — où nous avons retrouvé la politique cyclable d’Orléans mégalopaupaule :

Le voyage se terminera par la départementale, puis après le rond-point, avenue du jardin des plantes, le pont Georges V. Vous avez effectué 45 km.

(trajet effectué le 9mai 2018)

Note :

° M. de Longueville avait, avec le beau nom d’Orléans, de la vivacité, de l’agrément, de la dépense, de la libéralité, de la justice, de la valeur, de la grandeur ; et il ne fut jamais qu’un homme médiocre, parce qu’il eut toujours des idées qui furent infiniment au-dessus de sa capacité, RETZ, Mém. t. I, liv. II, p. 294, dans POUGENS. (>copié du Littré)

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