Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

Par monts et par vaux

Marronnier convenu, même en revenant du peuple de l’Orme, un pays de châtaigniers et de chênes, c’est le dernier billet des congés : sniff !

Toute petite carte postale, compilation de quelques notes prise en Charente-limousine, par monts et par vaux, lors de sorties à vélo (en général). Ces notes seront peut-être utilisées lors du NaNoWriMo en novembre 2018, sauf si ce dernier est utilisé à la traduction « dans la langue de Molière » de mon premier roman (une enquête sur 2 meurtres en Charente-Limousine et le long d’une ligne de train-express-régional).

Par monts et par vaux… en romanité

La carte des lieux cités (en papier, IGN n°146), tirée du site de l’IGN (>fr) :

Les lanternes des morts

Si le cimetière est un lieu important au Moyen Âge, c’est qu’il recèle à la fois les corps des défunts et une partie de l’âme. Du reste, la possession des rites funéraires par l’église est primordiale.

Il va naître un phénomène architectural unique, localisé dans les diocèses de Poitiers, Saintes et Limousin, qui est l’élévation des lanternes des morts au XIIème siècle.

Localement, il s’agissait de profiter des portements — aller demander des nouvelles des uns et des autres — pour faire quelques repérages. Voici quelques photographies de la lanterne de Saint Victurnien — Sent Vertunian :

limousin roman

Le clocher de l’église de Collonges présente presque tous les caractères retenus par René Fage comme représentatifs d’un type de clocher qualifié par l’auteur de « limousin » : une coupole au rez-de-chaussée, la combinaison des plans carré et octogonal et la présence de gâbles sur les quatre faces de la tour. Il lui manque néanmoins pour répondre parfaitement à la définition, le retrait systématique des étages, la flèche en pierre à huit pans ainsi que la netteté et le sens des proportions, peut-être en raison de la date précoce de sa construction que l’on peut situer, comme l’a proposé Albert de Laborderie, entre 1080 et 1120.

Le site précédant cite la collégiale de St Junien — Sent Junian — en voici le portail tiré de mon billet « la Vienne à vélo » (>fr) :

Sent Junian

Ces clochers ont leurs intérêts, certes, mais je préfère, et de loin, l’austérité de façade des églises de campagne. Les bâtiments, en l’état actuel, sont plus modestes, quoique, mais sont typiques du roman limousin, c’est-à-dire « sec ». Il n’y a pas de place à la fantaisie.

L’église d’Exideuil / vienne — Eissiduelh / Vinhana — est un bel exemple de cette « sévérité » :

Eissiduelh

La ville de Saulgond — Saugond — fait très carte postale sous certains angles :

Saugond

Mais les kilomètres cyclopédiques du jour étaient pour une église porche. Une « petite sœur » bâtie sur le schéma de St Benoît / Loire, avec un clocher porche. Église de Lesterps — L’Esterp :

L’Esterp

L’ensemble des photos et du trajet est disponible ici en occitan (>òc). Sur la route ce jour-là,  Brigueuil — Briguelh — n’avait d’importance que par sa position d’être une place forte située sur une ligne de crête, à trois tours de roues du point le plus haut de la Charente (Montrollet : 368m 63).

Ruines de Saint Amand

Du village à la gare, un trajet de moins de 10km dont plusieurs personnes m’ont expliqué l’infaisabilité au quotidien à cause des nombreuses collines de la région, j’ai fait un léger crochet dans la cité gantière pour photographier les ruines de l’abbaye Saint Amand — Sent Amand — et une de ses fontaines votives.

Le trajet du village à la gare :

1535709544637

et son relief aux 2 pentes à 9% (les points rouges de la carte) :

retourrrrrr29

2 x 9%
Le flacon importe peu
— Coteaux limousins.

Au quotidien, il faut suivre la voie C11, qui en venant de la ville, monte abruptement vers les villages.

L’abbaye St Amand et une fontaine votive en quelques photos (le point vert sur la carte) :

Ma « demande » à la bonne-font concernait le trajet en train, que je souhaitais « possible & confortable ».

  • Un reportage bilingue, occitan-français, de 7ALimoges (>fr) sur les bonnes fontaines.

Allez faire une dévotion à une bonne-font était lié au fait que, avant les congés, une toute petite personne, étroite d’esprit, un tout petit chef à la gare d’Orléans, probablement avant d’houspiller les guichetiers,  m’avait expliqué en long et en large qu’il n’y avait pas moyen de prendre un TER (>fr) :

(chefaillon) Mais, vous pourrez prendre le bus.
— (moi, au guichetier) Et il n’est pas possible de faire le voyage Les Aubrais-Limoges en scindant le trajet à Vierzon ou Châteauroux ?
— Nous ne vous vendrons pas ces billets et le trajet serait compliqué. Il y a un intercité qui reviendra au même niveau horaires, il y a une réservation pour le vélo.
— Eh bien je vais subir ça…

Toute ressemblance avec un fameux duo comique n’est absolument pas fortuite. Aucun chefaillon n’a été blessé, malheureusement, dans la transcription du dialogue. Visiblement, le personnel de la gare de St Junien est, encore, au service des usagers (et il n’est pas surveillé) :

« qui demande un trajet TER, même en trois tronçons, se voit proposer l’achat d’un trajet TER, en trois tronçons. »

Le service public que j’aime.

Vau-vent

Il est nécessaire d’avoir le vent par-derrière pour le cheval de fer, de nombreuses menaces pèsent sur la ligne Angoulême – Limoges (>fr-Le Populaire), même aux temps de la nouvelle région.

Pas certain que la dévotion à la bonne-font y soit pour grand-chose, mais le TER passe, il marque même un arrêt en gare de St Junien :

Dans le train, je poserai une grande réserve sur la marche à gravir avec un vélo de 22kg, et rien ne sera dit sur le système d’accrochage, pour le moins « abstrait ». Il y a des travaux sur la voie, nous sommes dans un demi train, moins de 10 voyageurs⋅euses, mais la contrôleuse m’a demandé de le « monter ». Les photos ne sont pas nettes car réalisées entre deux courbes.

Vau-l’eau

Ce n’est pas tout pour le saumon de longer les courbes de Vienne pour rentrer à la maison, il lui faut lire les signes dans le torrent de ballast et s’aiguiller correctement vers les voies du nord.

L’occasion présentement de faire une mise en pratique de ces étranges râteliers à vélo, copiés sur les cornadís d’autrefois. L’an passé, j’avais été, pour le moins, dubitatif devant la chose (>fr). Cette année, prenant mon courage à deux roues, j’y stationne ma monture :

J’ai eu peur pour le pédalier, véritablement, et au regard du vélo sur le flanc, les craintes sont justifiées. J’avais mis le casque au vélo pour pallier le risque de chute. Finalement, le vélo est à la taille du machin ; j’oublie souvent que j’ai un vélo d’adulte, chaussé en 32-622 ETRO (du 700 pour les français). Plus sérieusement, personne ne semble s’être posé la question de la manière d’utiliser la chose. Au début je pensais ne devoir que « monter » la roue avant, mais il y a un problème d’équilibre. Une personne présente m’a dit de le mettre sur béquille et d’accrocher uniquement la roue avant, bin voyons !

En dehors des plaisanteries pour faire jaser sur les réseaux mal-dits sociaux au sujet d’un parc de stationnement, dans une gare, les trains circulent. Le second TER, un train qui n’existe pas est arrivé, à l’heure donnée. Il circule et s’arrête. Des personnes se risquent même à monter dedans, sans avoir de problèmes.

Le sellefie dans le Limoges – Vierzon, un TER région Centre, un train qui n’a ni forme, ni consistance, ni saveur, ni odeur puisqu’il n’existe pas selon le crétin en chef d’Orléans, capital de la région Centre (récursivité) :

Limoges – Vierzon

Le vélo est dans l’espace « personne handicapée », à défaut de n’avoir pas trouvé le lieu officiel dans lequel le poser (peut-être que rien n’est prévu pour dire aux bicyclettes qu’elles sont les bienvenues).

Vau-de-route

S’enfuir dès Vierzon de ce mauvais film réalisé par la société des chemins de fer avec ses tarifs délirants, sa politique qui va à l’encontre des intérêts écologiques, se fera un jour de beau temps ; Vierzon n’est pas le bout du monde.

Le sellefie dans le Vierzon – Orléans, un TER région Loire, un train qui n’existe pas sans doute lui aussi :

Vierzon – Orléans

Là aussi, la signalisation sur le train fait défaut, donc le vélo stationnait dans le sas d’entrée (peut-être que rien n’est prévu pour dire aux vélos qu’ils sont les bienvenus).

Conclusion

Le vélo est un formidable outil pour se déplacer, au quotidien, bien sur, même si les villes ne font pas grand-chose pour rendre le déplacement facile. La bicyclette est une machine formidable pour voyager, sur de longues distances pour certain⋅e⋅s, sur les derniers, ou premiers, kilomètres comme dans ce billet.

Ça pêche par contre énormément du côté de la SNCF :

— les agent⋅e⋅s de la gare d’Orléans, plus particulièrement le petit chef chafouin, sont d’un crétinisme exemplaire, par comparaison à la gare de St Junien. Ils illustrent en grande partie ce qui manque pour faire du voyage ferroviaire « une expérience extraordinaire », digne d’être publiée sur les réseaux mal-dit sociaux, avec des petits cœurs partout.

— l’information dans l’intercité de l’aller, pour le coup, elle, était claire, mais voyager sur un strapontin n’est pas permis (pas la peine de m’expliquer que j’aurais dû dégrafer les sacoches et ainsi regagner ma place réservée et numérotée. Il est possible d’aménager différemment la voiture, ne serait-ce que en mettant les cyclistes dans le compartiment de service (les 4 places réservées aux contrôleurs).

— au retour, par 2 fois, je n’étais pas à ma place. Peut-être que l’aménagement des TERs est à revoir. Il est souhaitable d’améliorer l’information à ce sujet, en l’état, ce n’est pas compréhensible (à 5 vélo, le sas du Vierzon-Orléans était bloqué).

La SNCF (>fr) n’est là ni pour faciliter « la transition° » écologique, ni pour favoriser la complémentarité des moyens de déplacement (sauf avec la voiture). Dirigée pour être privatisée, elle communique en multipliant les complexitudes. C’est dommage, car le temps des vacances est celui du temps libre, des petits changements dans les habitudes, des essais.

° piège à con !

Musique

Le trajet a été effectué avec cette symphonie dans les oreilles :

2 commentaires sur “Par monts et par vaux

  1. Jeanne à vélo
    31/08/2018

    As-tu obéi à l’injonction de la contrôleuse ?

    Le sellefie dans le TER Limoges – Vierzon est très chouette (et pas seulement parce qu’il est net !).

    J'aime

    • janpeire
      31/08/2018

      La contrôleuse a « fermement » demandé, mais elle n’est peut-être pas une habituée de la ligne et croyait que l’on allait être un cent (La ligne est très peu fréquentée la semaine en été, encore moins en cette période de travaux, dans laquelle il n’y a qu’une demie-ligne).
      Oui j’ai obtempéré. C’est pourquoi pour éviter au vélo de tomber dans les nombreux virages, et parce-qu’il ne loge pas dans l’espace réservé, je l’ai calé avec une de mes sacoches.

      Désolé pour le flou artistique des photos 😦

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Cette entrée a été publiée le 31/08/2018 par dans tourisme, et est taguée , , .

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