Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.
La bande d’asphalte séparant la voie express, dite Gaston Galloux, d’une plaine de champs prête à être urbanisée, est le dernier grand équipement cyclable de qualité réalisé dans l’agglomération orléanaise, et ce depuis 30ans.
La piste rejoint le périphérique intérieur d’Orléans au quartier de la Source.
- L’équipement se donne à voir dans ce billet (>fr).
Moins de 10 km, 1/2 heure de bicyclette et hop ! V’la votre serviteur prêt à répondre à l’invitation de l’association des habitant⋅e⋅s de la Source, invitation à découvrir le quartier via ses équipements cyclables ou l’inverse, selon vos préférences.
Le point de rendez-vous était sise salle Fernand Pellicer, sous une petite bruine. La pluie du matin a laissée des traces dans chacun des carrefours de la bande peinte, sous la forme de flaques, avec des feuilles et des déchets.
Un bon indice pour savoir que cela avait été une légère pluie est l’absence d’étang au niveau de l’agence pour l’emploi. Un dicton sourcien dit « quand le marigot apparaît, les promesses électorales aussi ; si après une forte pluie le marigot venait à disparaître, cela signifierait que la parole donnée a été une parole tenue ».
Nous vivons une époque où même une petite pluie peut bloquer les personnes chez elles. À croire que l’usage des protections est perdue. Il se parle ici d’une bruine légère, qui épargnera lors de la promenade la quinzaine de cycliste. 15, c’est peu, mais votre serviteur a été heureux de rencontrer « dau monde dau païs » — ce qui explique les 2 titres et le paragraphe suivant en occitan — voilà, voilà.
Quitament pas 200 m de realisats que veiquí pas que nos fau nos ‘restar. Quauqu’una a ‘na roda de crebada. Forçadament, sem au mitan de vilaud⋅a⋅s e ‘quò sembla que degun ‘guesse de que resvicolar la roda… ne’n defòra de la « rapieta ».
Lu tipe es aquí coma visitor, mas eu es esquipat d’una chambra, sens obludar los utils e mai-que-tot, de la bontat pròpra ad una natu…
Las doas personas que menan la tropelada ‘riban elas-tot — daus lemosins ilhs-tot-dos — e còp-sec, disem que vam tornat esgar la bicicleta. A la manobra, de’n prumier tornar l’engenh, surtir lu peneu mai lu desmonta-peneu, chamjar la chambra que am pas l’enveia de trobar lu trauc, tonar lu peneu ne’n placa — a la man per pas embrucir la chambra — gonflar mai ma p’ita pompa.
Adoncque, veiquí perque ‘queu bocin dau teiste es estat escrich dins la linga. Lu tipe me viret de biais e diguet « ne’n ai ‘na gròssa ». Sa femna de respondre « coma tu ses fiar ! ‘Na gròssa ! La viguet pas totjorn ! ‘Na gròssa ! ».
— V-òc-es, am 4 ans de las vetz, e perque non ? — Tornam pertir beleu, non ?!
Quitter la salle Pellicier, c’est quitter un immonde pince-roues.
Cela se fait en descendant un premier, puis un second trottoir avec des bordures hautes. Nous naviguons dans les rues E.Branly & V.Auriol, sans équipements mais sans difficultés également.
Même à 15 cyclistes, nous nous faisons remarquer dans le premier giratoire à la Bolière. 15 cyclistes dans la bande, parfois protégée d’un bourrelet de ciment — pas trop mal réalisé à cet endroit — cela se remarque.
Une bagnole qui désire tourner à droite ne compte pas pour autant nous céder la priorité — c’est pourtant la règle — de même un automobiliste stationné compte, pardon, comptait quitter sa place, après tout, il avait mis son clignotant.
Remarques :
La promenade se continue rue A.Paré, avec une bande peinte, elle aussi le long de la voie du tramway.
Il apparaît grandement regrettable que les décideurs de l’époque de la création de la première ligne de tramway n’aient pas eu la volonté de faire un véritable équipement cyclable relié à la bande Gaston Galloux, et d’une qualité supérieure. Ce manque confirmerait que l’existence de cet équipement de 30ans est dû plus au hasard d’une soirée bien arrosée entre élus, ou à l’usage de drogue, que à la volonté politique.
Subtilité réservée aux connaisseurs, de la rue A.Paré à l’avenue de l’hôpital, il y a un petit chemin bien caché. Il prend sa source — hahaha ! — rue F. de la Rochefoucauld.
L’avenue de l’hôpital, enfin le machin cyclable, a été fait une fois de plus. Les bordures viennent d’être passées au rabot.
Enfin ! L’équipement est presque devenu agréable, si ce n’est les giratoires, les panneaux posés entre la partie réservée aux piétons et le double-sens cyclable. Les panneaux dans l’idéal devraient être posés au plus proche du stationnement automobiliste. Ceci ne sera jamais réalisé, par peur d’abîmer les portières, mais ce faisant, la peur des rayures inciterait au respect des autres usagers de l’espace. Oui, il faut opposer les modes de déplacement.
Enfin, les cœurs emplis de joie au regard du coup de rabot, nous poursuivons rues R.Rolland & Condorcet, pour constater que rien n’a jamais été fait pour véritablement relier l’avenue de l’hôpital à l’avenue JFKennedy, munie d’un trottoir cyclable et défoncé.
Qu’à cela ne tienne, nous tournons très vite rue de Châteauroux puis rue d’Issoudun. Cette dernière est limitée à un 30 km/h théorique, comme toutes règles de circulation à Orléans.
Remarques :
La circulation sur le campus d’Orléans se fait sans grandes difficultés pour qui connaît. Il n’y a pas d’équipement spécifique, hors quelques flèches, ici ou là. Le seul parc de stationnement digne de ce nom est situé au bâtiment politech — point rouge sur la carte — et il est couvert.
5 arceaux à vélo par bâtiment ne serait pas un mal. Même la salle de spectacle « le Bouillon » ne comporte pas d’arceaux, et il est bien écrit ici « A R C E A U », pas un bazar « dizagneu » ou un râteau comme cela est le cas en quelques endroits le long du trottoir de la Loire-à-vélo.
La promenade se continue esplanade de l’université, dans une voie verte.
Étrangement, cette voie verte devient trottoir, et « fun fact » comme disent les « ouine-ouine anglo-saxonnisés », le même trottoir perd sa qualité de voie verte au croisement de la rue de Montargis. En traversant l’usager de l’espace urbain rencontre le même pavage, les même herbes cache-misère, le même espace, mais, ce n’est plus une voie verte, c’est la place de l’indien.
Remarque :
Nous prenons à nouveau le trottoir de l’avenue Kennedy. Ce dernier est mort en bagnole et n’a pas pu venir inaugurer l’urbanisme du lieu. À ne pas douter qu’il eût eu aimé ces lignes droites qui mènent d’une unité d’habitation à un groupement de cellules commerciales, avec au final, très très peu d’espace réservé à la circulation des vélos, voir même, qu’il eût apprécié les sorties des parcs de stationnement, les complications dans les rond-points.
Enfin, cela n’empêche pas les commerçants de se plaindre.
Pour information, la partie « place de l’indien » jusqu’à la rue R.Rolland de l’avenue de la Bolière — prise pour rejoindre la salle Pellicier — était constellée d’éclats de verre, de déchet. En sus du mauvais temps et des portières qui s’ouvrent devant sa roue, le cycliste ne semble pas le bienvenu dans le quartier.
Passés les bordures et les changements de direction, nous tournons avenue Voltaire pour prendre une bande peinte au sol. Le positionnement de cette bande est assez étrange. Détachée du stationnement, elle est coupée à un endroit par un rétrécissement — c’était l’endroit du garé-comme-une-merde du jour — sans écluse.
Au rond-point, nous ne prendrons pas la complication cyclable mise en place pour nuire, nous tournerons à gauche vers la rue Diderot ou nous attend une zone 30 et une bande enserrée par un étron de ciment, un peu, puis sur un trottoir, puis… L’idée est de nous protéger du stationnement automobile, mais la réalisation et la propreté laisse à désirer. Heureusement le machin n’est pas obligatoire, et au quotidien, j’en connais un qui serait sur la chaussée.
Rue Guillemin, le chemin se poursuit sur un double-sens séparé de la chaussée, un poil pas assez large, surtout pour un peloton de 15 cyclistes. Enfin.
Remarques :
Avant la rue de Buffon, nous croisons l’avenue de Concyr, le temps d’une forêt de panneaux et de coups de peintures tombés au sol. L’automne cyclable est passé le temps d’une hésitation sur le chemin à suivre.
Rue de Buffon — ne pas confondre avec les bouffons qui ont crée la circulation en cet endroit — nous croisons de nouveau l’étron de ciment, puis une bande, puis il faut faire un écart sur le trottoir pour cause de places de livraison réservées aux camions. Un local du peloton, un habitant de la Source qui plus est, explique que au quotidien, il ne faut pas prendre le chéneau cyclable car très très très souvent la gouttière est bloquée par un camion qui stationne hors des zones allouées.
Les travaux du cimetière sont l’occasion d’un écart dans la voie, le long d’un double-sens de plus situé rue G.Cuvier, l’occasion de rappeler que, dans le sens normal de la circulation, en milieu urbain, ces double-sens ne sont pas obligatoires.
Remarque :
Au sortir de la rue de Buffon, nous voilà sur un trottoir, rien de plus qu’un trottoir. Heureusement que les piétons ne sont pas légion à cet endroit.
Le peloton suit la bande de bitume en file indienne. Au quotidien, encore un équipement à éviter. Ici, il y a eu des travaux, salués par les locaux, car après le trottoir, il fallait autrefois prendre une venelle conçue à l’ancienne : bordures très hautes, pas d’entretien, étroite, sale, sombre… Maintenant, la plupart des cyclistes roulent sur la route, la circulation importante se fait entre les rond-points.
Circuler dans la venelle était effrayant, mais la récompense est au bout de l’effort ; enfin se donne à voir la rue de Balzac.
C’est un nouvel-nouvel équipement. Il n’y a pas de faute dans cette répétition ! L’équipement cyclable, à l’instar de la rue de l’hôpital, avait été réalisé avec des bordures. Elles viennent d’être rabotée elles aussi. La question se pose du pourquoi avoir fait caca partout avant de revenir se torcher — avec le risque, exemple du chemin du Gobson (parc floral de la Source), de laisser une surcouche assez laide, sans oublier que la surcouche peut se décoller du reste du bitume et créer à nouveau des dangers dans la chaussée — quelques mois après.
Les cyclistes du jour sont également heureux du positionnement de la double-voie cyclable du côté de la rue, l’espace des piétons étant situé coté habitation.
Remarque :
Il n’y a point de bonne compagnie qui ne se quitte même par un gris après-midi de presque pluie, même après 15 petits kilomètres de vélo urbain.
Pour revenir à notre point de départ, nous prenons à nouveau la bande de la rue A.Paré, puis, après le gigantesque rond-point aux priorités à faire valoir, nous poursuivons par l’avenue de la Bolière et revenons à la salle Pellicier.
Le même pince-roues vu au départ sera l’objet d’un avertissement à l’encontre d’un électrocycliste qui a manqué y coincer sa roue avant, et ce faisant, fausser son frein à disque.
L’idée de parcourir un quartier, avec des personnes qui y résident, est très bonne. Un tel chemin, sur 15 km, dévoile le manque d’homogénéité, le manque de signalisation, le manque de qualité… mais, pour terminer sur une note positive, car la journée a été bonne, il faut le dire, le fait que des membres de l’association aient obtenu le coup de rabot sur les bordures, est un signal que les choses ne sont pas figées.
Note : n’a pas été emprunté, mais est dans le quartier, le morceau « test » de l’autoroute à vélo le long du CNRS. Le test est terminé (ou en voie de l’être) et le machin va s’évaporer. Beaucoup dans le peloton le dénonçaient comme inutile et dangereux, comme de l’argent fichu en l’air. Nombreux sont ceux qui préféreraient une rénovation des circulations sur les bas-côtés de l’avenue de la recherche, tant pour les piéton⋅ne⋅s que pour les vélos non-pas des « cache-misère » de test, des non-sens complets comme d’avoir cassé la ligne droite au niveau du campus de l’ancien patron de la FNSEA pour y faire une entrée tracteurs et moissonneuses.
Bref, le vélo n’a certainement pas encore gagné sa place à la Source.
« des non-sens complets comme d’avoir cassé la ligne droite au niveau du campus de l’ancien patron de la FNSEA pour y faire une entrée tracteurs et moissonneuses. » : j’y suis passé hier. Oh la belle bouse !
Je serais taquin j’y verrais un esprit chicane(ur) chez les élus/techniciens.
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Le projet d’autoroute à vélo était un leurre pour cacher c’te merde à contour et bordures.
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