Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

Ouf, pas un cycliste céphalophore d’Orléans à St-Denis

Le dire de suite n’est point trahir la suite de ce petit billet, pas une personne ne peut décemment perdre la tête d’aller d’Orléans à St-Denis à vélo, sauf à être un⋅e élu⋅e, mais là, ce ne serait plus une vélorution, mais une révolution.

La carte

Le point de départ était donné au sud de la Loire où un trop chaud soleil nous espérait. Il n’était point de saison — mais tout fiche le camp ma pauv’ dame, et les politiques ne font rien — mais il n’était point désagréable par la-même — faudrait savoir ! —.

La place de la bascule — Loire-à-vélo

La place de la bascule est de ces petites places « avec un cachet ». Il y a des petits commerces, de bouche essentiellement, il y a également un cabaret pour animer les folles nuits d’Orléans.

Elle a un cachet un peu « carte postale & vieille France » et n’est quasiment jamais l’objet de la communication de la cité johannique. Cependant cette charmante place était bien assez grande pour accueillir la plus que soixantaine de cycliste au départ.

Nous suivons le schéma de circulation et prenons la rue des Anguignis — petite zone20 agréable — pour rejoindre la rue du coq St-Marceau, puis le quai des Augustins par la rue de la brèche… faut-il vraiment faire un jeu de mot avec la circulation cyclable en cet endroit ?

La circulation sur les quais n’est pas facile pour un groupe, même un dimanche.

Arrive la levée des capucins, une chaussée en partie ornée d’un chaussidou — chaussée à voie centrale banalisée (CVCB), c-à-d, une chaussée sans marquage axial dont les lignes de rive sont rapprochées de son axe (>fr-CEREMA)  — puis peinte par l’alcoolique de service qui sévit dans St-Jean le Blanc. L’équipement apparaît vite sous-dimensionné.

Bien sur, il est fait pour recevoir 3 cyclistes à l’heure, de 9 à 17:00, et bien sur, rien, jamais rien, ne sera fait par l’agglomération pour augmenter ce chiffre (par exemple, simplifier le cheminement de la Loire à vélo en ne faisant pas faire un créneau inutile aux cyclotouristes et les laisser fuir une ville qui leurs tire la tronche).
Ce passage est également la rencontre avec le premier connard du jour, qui non-seulement coupa le cortège, mais fût une gêne pour les automobilistes en face de lui. Il se rendait à l’île de Carolus Magnus, nous aussi.

Loire à vélo — île Charlemagne

Aussitôt le pont de chemin de fer passé, nous prenons l’itinéraire de la Loire-à-vélo.

Pour nombre de personne c’était une découverte. Le cycliste du quotidien préfère l’efficacité à la flânerie, et il circule sur la chaussée. C’est plus simple, plus rapide avec moins de risque de boue ou de crevaison. L’avant base du futur Loir’Land est vite traversée pour prendre la levée, où nous attend le second gros connard du jour (uniquement pour sa vitesse face à un groupe de cycliste).

Rue de la grisonnière — rue du Melleray

Rien de remarquable entre la levée et la rue du Melleray  hors 50m de trottoir habillés en voie-verte, rue du désert, ce n’est pas une blague. Avec un tel foutage de gueule, se donne à l’observation l’harmonisation voulue avec le passage à la mégalopopole. Une chose est certaine, le nivellement se fait par le bas. Côté panneaux posés en dépit des recommandations du CEREMA (>fr) cela est probablement fait par les agents de St-Jean la Ruelle ou peut-être ceux qui ont déjà sévit à l’Argonne.

Rue du caillot — rue du Chemeau

Enfin un quelque chose de cyclable, de presque qualité, en manque cruel d’entretien.

Une piste bidirectionnelle étroite est séparée de la rue du caillot. Avant elle, il y a un rond-point peint n’importe comment, il y a également des bordures pour faciliter la non-prise de l’équipement. L’équipement, sous une forme légèrement plus agréable, se poursuit le long de la rue du Chemeau, avec bosses.

Le problème de ces équipements en double sens, en dehors de leur sous-dimensionnement, est que si vous avez besoin d’aller dans un immeuble situé par delà la chaussée, vous devez vite faire des détours, ou, mettre votre vie en danger.

Encore une fois, dans un tissu urbain plus ou moins dense, les cyclistes doivent/devraient circuler dans le sens de la circulation, et par ailleurs, le code de la route est clair sur ce point, si ce n’est pas dans le sens de circulation, point d’obligation.

C’est un truc qui a été fait pour les enfants, la preuve en est la dernière partie, dans laquelle l’équipement de « séparé de la chaussée » s’achève sur le trottoir, rien de plus qu’un trottoir.

Rue du Melleray — mairie

Nous retrouvons la rue du Melleray, décorée ici d’un chaussidou, d’un arrêt-bus en son milieu, mais un arrêt-bus avec des clignotants pour bien indiquer le danger d’avoir réalisé une grosse m****.

Enfin, poursuivons vers la mairie de St-Denis en une rue « pavée » pour donner un cachet, pour faire croire, comme un décor d’une pièce de théâtre sur la vie, une pièce déjà écrite, en attente des acteurs et actrices de la vie.

Le but du voyage était de montrer que un collège, ou une école, ou un stade, était mal-desservi, mais desservi quand même par un quelque chose de cyclable.

Le non-équipement se poursuit de la mairie vers la rue du bourgneuf pour aller à la salle des fêtes.

Rue de St-Denis — Rue Demay

Nous continuerons notre périple la tête sur les épaules, personne n’ayant perdu le chef devant « l’époustouflance » des équipements de la cité dionysienne. Et il en a fallu des délibérations pour ne rien faire, croyez-le !

Rue de St-Denis, rien de notable le long d’une longue et large rue.

Nous arrivons à St-Jean le petit blanc où l’alcoolique de service continue à peindre les trottoirs d’un côté, de l’autre. Il faudra un jour qu’il prenne un vélo par la main… Le carrefour n’est pas facile pour une unité cycliste, alors à soixante.

La rue Demay est celle qui dessert le château et une école, c’est pourquoi elle ne bénéficie d’aucun équipement notable, hors un feu, destiné à casser une probable vitesse devant l’école. Peut-être que si le plan de circulation faisait faire les créneaux aux autos en lieu et place de les faire faire aux vélos, les choses seraient plus simples.

Attention, nous allons vers l’avenue Gaston Galloux. Avant, il nous faut passer sous le pont de la voie-ferrée, un pont dont la circulation est régulée par un feu, mais il est fort à douter que une personne seule sur son vélo arrive à faire changer le feu, peut-être un « appel vélo » serait un très bon investissement à cet endroit.

Ce n’est pas tout, pour prendre le cheminement cyclable, il faut être un « sachant ». Seuls les gens du cru — et nous l’avons déjà dit, ce doit être un grand et bon cru que certains cachent dans les caves de la mairie  — savent que le petit chemin est en direction de la Source ou d’Orléans. Le cas échéant, il y a comme l’impression de gêner.

Le tunnel qui passe sous la voie express est tellement bien fait que la lumière ne fonctionne pas, les même loupiottes ont été posées en plein milieu, afin de vous faire tomber si vous ne ralentissez pas.
À n’en pas douter, ces critiques sont le signe d’un équipement de qualité.

Vers la place de la bascule

La fin de la vélorution, car c’était une vélorution, aucune tête n’est tombée, se passera dans un quartier résidentiel.

La rue des Varennes est une fuite en avant vers la rue du ballon, puis la rue Eugène Turbat. Nous étions déjà passé dans le quartier lors de la vélorution nocturne, c’est en connaisseurs que nous éviterons le piège des rails du tramway, mais sur recommandation d’un cycliste averti (>fr-chaîne YouTube de Yann d’Orléans) nous prendrons la rue St-Marceau.

En conclusion

Comme souvent, « c’est moins pire que si c’était mieux », et il n’y avait pas de quoi se prendre la tête, selon l’expression, et promener celle-ci dans les mains, selon les superstitions.

Il n’y a pas de trajectoires claires avec de grandes indications données : c’était une question récurrente dans le peloton de savoir où nous étions. Il n’y a pas de volonté d’homogénéisation des équipements, même à l’intérieur d’un même quartier, sauf à St-Jean le Blanc qui se singularise dans la tournette entre arbres et poteaux. Sur 15 kilomètres, certes inclus dans un circuit, le manque d’homogénéisation est visible, très & trop visible.

L’absence de qualité du non-réseau cyclable de la cité n’est pas nouvelle, c’est même le principale reproche aux promoteurs de la fable des 440 km de « choses cyclables », 440 km tirés d’un imaginaire délirant, 440 km qui n’existent pas… pas plus que les personnes qui se mettent en marche avec la tête dans les mains.


Voici le petit film de Jeanne-à-vélo (>fr-chaîne youTube) sur la vélorution n°14 :

et celui de Yann d’Orléans (>fr-chaîne YouTube) :


La même manifestation, avec des photographies de qualité des bicyclettes présentes, elles aussi de qualité, est décrite dans un billet, avec un point de vue différent sur les équipements rencontrés, qui se donne à voir et à lire ici (>fr).


L’état d’esprit de la manifestation en 3 touittes :

°(*!*)°

°(*!*)°


Voici le lien vers l’article de la République du Centre (>fr)


9 commentaires sur “Ouf, pas un cycliste céphalophore d’Orléans à St-Denis

  1. Yann d'Orléans
    14/10/2019

    Merci pour la balade.
    Merci pour l organisation. Les enfants ont adoré.

    Aimé par 1 personne

    • janpeire
      15/10/2019

      j’ai ajouté une photo de ton compte touitteur.

      J'aime

  2. Jeanne à vélo
    15/10/2019

    Très justes tes remarques concernant la place de la Bascule. Une vraie carte postale (de 1938) via ce lien : http://orleansha.free.fr/includes/page.php?numpage=348&rep=/places/place-de-la-bascule

    Aimé par 1 personne

  3. Jeanne à vélo
    16/10/2019

    Les chaussidous commencent à se multiplier dans la métropole et je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose… Tant que les bandes latérales ne seront pas de couleur et suffisamment larges…

    J'aime

Les commentaires sont fermés.

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Cette entrée a été publiée le 14/10/2019 par dans Réflexions, et est taguée , , .

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