Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

Traverser l’Argent-Or au Son des pignons

Quoique le voyage ait été fait sur une randonneuse, passer le l’oïlistanistan à l’héritage occitan semblait être une promenade dans les traces anciennes des Tourtoulon et Bringuier, tout en suivant les lignes perdues des chemins de fer, traversant fleuve, rivière et ruisseaux, ce, en oubliant pas de passer la Marche.

Une forme de 3 en 1 traduit et adapté d’un récit peu épique fait en occitan sur ce site (>òc)

Traucar l’Argent-Aur au Son daus pinhons

Le hasard des traductions fait que hier, votre blog préféré parlait « pont cyclable » (>fr)

Le monde moderne

Une fois de plus, il serait facile d’être moqueur à l’encontre de la compagnie nationale des chemins de fer. Chacune des gares devient un endroit dans lequel bien peu est fait pour donner envie de prendre le train, ce qui est dommage dans le contexte. Il y a les règlements claironnés ici et là par le Ségolenot des transports et la réalité.

Exemple complexe avec cette absurdité qu’est le « passe » :

— Il est claironné par radios et montre-couillons qu’il le faut sur les longues distances, mais, pour +250km réalisés en trains régionaux — gratuit pour les vélos, entiers — nul besoin du papier. Cela fait penser à la période de Noël où les gouvernementeurs nous sommaient de ne pas être plus de 6 à table, quand la compagnie faisait voyager des grappes de 8 inconnu⋅e⋅s dans le même compartiment, entre París et Briva.

— Pour manger « assis » à la gare de Peitieus / Poetae / Poitiers, faites 5 pas sur votre gauche et vous avez besoin du « passe » pour poser votre cul sur une des 4 chaises « de la boutique », que vous vous retourniez et fassiez 2 pas, 6 tables se présenteront à vous, libres de « passe ».

J’ai sincèrement plaint la vendeuse qui doit gérer l’absurtistan décrété à París.

Rufec / Ruféc / Ruffec

C’est une toute petite ville des Charentes.

Arrivé à 17:00 ma priorité était de trouver l’emplacement de l’hôtel… pour le découvrir fermé en raison de la mise en place du « passe ». Petit embarras et petit tour dans la ville : quartier ancien, église St-André (XII siècle), prendre une bière.

Un coup de fil à l’hôtel m’a fait comprendre que ma réservation avait été mangée par des bêtes à cornes. Je me crois bon pour dormir dehors, ce que je ne fais pas ayant peur des loups et de la sauvagine… sans oublier que je n’ai ni pyjama ni duvet 😀 . L’affaire a trouvé facilement une fin positive pour la nuit ; des besoins de l’estomac, il en sera un peu autrement.

Rufec → Sent Junian

De la carte et des courbes du territoire

La carte des contrées traversées

Et ses courbes

Le long de l’Argent-Or

Sans être caféïné, sans avoir déjeuné, à 7:00 Ruffec offrait une route et des cieux pleins de belles promesses à une randonneuse — Jan d’Auvernha, 2 sacoches (2×10 kilogrammes (dont 4 litres d’eau)) — à la selle fraiche et au cavalier enjoué.

La première partie consistait à traverser une première fois le fleuve Charente pour trouver un café, pardon, pour remonter en partie le ruisseau Argent-Or quasiment jusqu’à la jonction de l’Argent et de l’Or (/!\ penser à faire corriger la carte OSM, au nord coule l’Or, au sud, l’Argent).

Quelques kilomètres d’une départementale très camionisée et hop, voici la petite route signalée comme bonne pour les cyclistes ; elle fait partie du réseau départemental des boucles cyclables sans pour autant bénéficier d’équipements particuliers (barrières, écluses…) sauf le jalonnement et de nombreux panneaux de prévention à l’attention des automobilistes et des conducteurs ou conductrices d’engins agricole.

Biossac (fr : Bioussac), puis Nantuelh (fr : Nanteuil-la-vallée) et son abbaye fermée sont vite traversées. La vendeuse de journaux m’informe gentiment qu’elle ne vend que des journaux, pas de café pour le gosier.

À la sortie de Nantuelh, première perte de la trace — pourtant je suis piquousé 2 fois pour bien recevoir la 5G et le GPS, bravo Guillaume Barrière (oui, je dénonce l’inefficacité du truc) — et je me retrouve sur une départementale à forte circulation. Pour retrouver le ruisseau perdu, un arrêt pour jeter un coup d’œil sur la carte fera jaillir la route à prendre, une route qui apparait simultanément dans le paysage.

Ponctuée de vaches laitières, l’image offerte par la gare de Sent Girvai (fr : Saint Gervais) est charmante : elle montre bien que ni le bâtiment, ni les vache et encore moins le boulevard des allongé⋅e⋅s ne voient plus passer de train. Pour mon cintre, l’essentiel est d’avoir (re)trouvé la voie et de pouvoir la suivre jusqu’au premier viaduc du jour, celui de Molin Robin (fr : Moulin Robin) :

Le quai de la gare a conservé sa longueur, propre aux trains de l’époque. Le viaduc est haut de quelques 20m, avec 9 arches plein cintre et permet de passer la vallée de l’Argent-Or. La balustrade est fort élégante pour un ouvrage industriel et campagnard.

L’arrivée dans Champanha Molton (fr : Champagne-Mouton) est l’occasion de croiser des vététistes, c’est également la prochaine étape du voyage avant le second viaduc.

Donner du timbre en passant la Sonnette

Toujours pas caféïné, car une fois la trace retrouvée je n’ai point voulu faire un écart — la peur des loups — je me mets à dodeliner sur ce qui est une superbe bicyclette (>fr-Histoire-Bike)(je ne sais pas si je l’ai déjà dit)… et sur un chemin ensoleillé, dans une forme de plaisir zeugmaïen.

Lu Grand Mas Diu (fr : Le Grandmadieu) avec sa commanderie répondent présents et je continue à rouler, rouler, monter, rouler, tourner, monter, rouler, tourner, rouler, monter avant de comprendre que j’ai encore raté le coche. L’avantage des  collines c’est que la petite hauteur donne assez d’élévation pour voir les branches des arbres d’un taillis éclairées par des arches.

Demi-tour, le GPS sonne la route, pardon, le chemin retrouvé et au bout, le viaduc attendu pour passer la Sonnette.

La Sonnette se jette dans le Son, et ensemble, ils alimenteront le concert aquatique de la Charente.

Construit entre les années 1902 & 1905 par les ingénieurs Draux et Laclôtre, le viaduc du Grand Mas Diu est haut de 25m, il est composé de 11 arches, et est long de 210m. La rambarde est de fonte, les refuges au sommet des piles sont maçonnés, les trottoirs sont de granit, comme les pierres de parement (probablement en provenance des carrières de Nontronh (fr : Nontron).

Désaffectée, l’ancienne voie unique est devenu un chemin.

Sent Claud

Car, de mourre-bourdoun qu’un pople toumbe esclau,
Se tèn sa lengo, tèn la clau
Que di cadeno lou deliéuro.

Car face contre terre, qu’un peuple tombe esclave,
S’il tient sa langue, il tient la clef
Qui le délivre des chaînes.

Frédéric Mistral (>fr)Lis Isclo d’Or – Les îles d’Or

Il y a un jeu de mot dans la langue occitane, une homophonie, entre « Claud » & « clau », d’autant plus que la Marche occitane se passe à Sent Claud (fr : St-Claud).

Une autre chose qui se termine, c’est mon manque de caféine — il est d’autres nourritures que culturelles parfois 😀 — et la boulangerie vend des grosses, et grasses, chocolatines en même temps qu’un grand café fait à la cafetière domestique (avec de la chicorée 😉 ).

Dans un premier temps, je voulais parfaire ma collection de lanterne des morts (>fr) en allant à Cela Froïn (fr : Cellefrouin), mais, d’avoir mal déjeuné, de savoir qu’il y a encore un peu de route à faire, une décision unilatérale et sans discussion a été prise par le chef : cap à la maison, par l’antique « chemin de Manot ».

Au départ de Sent Claud, je traverse pour la première fois du jour une route nationale fortement camionisée (contrairement aux pays civilisés d’Europe, en France, il n’y a pas d’aménagement « déplacements doux » de type tunnel pour passer sous la RN et pour ne pas alimenter la rubrique faits-divers des journaux), je traverse une dernière fois la Charente sous la forme d’un gros filet d’eau qui coule au milieu des vaches limousines (enfin) au niveau du château de Chambes.

Autre traversée, celle de la ligne de vélo-rail sur une ancienne ligne Romasieras <–> Confolent (fr : Roumasière-Loubert – Confolens) avec croisement de 2 cyclosportifs et 1 cyclosportive, peu de temps après, c’est la Vienne qui sera l’objet d’une traversée en même temps que l’Euro-vélo3.

Mon idée est de suivre la route antique de Manòc (fr : Manot) jusqu’à Sent Junian (fr : St-Junien). C’est à Chabrac (fr : Chabrac) que je rencontrerai le seul cyclo-randonneur du jour, un type qui voulait simplement être certain de sa route ; nous nous croisâmes dans des trajets quasi parallèles, il faisait Orador-de-Glana–St-Claud.

De Chabrac à St-Junian, cette dernière portion de route avait été déjà pratiquée lors du premier passage de frontière linguistique avec J-d’A (>fr). Il y aura une pause familiale avant d’arriver à bon hangar.

Conclure

Étrangement en écrivant ce billet, alors que je critique sans cesse la compagnie des chemins de fer, je me suis rendu compte en avoir suivi à vélo une voie ancienne

une ancienne voie bien sur, mais quand même, il a été un temps où les montres ne servaient pas que pour se mesurer. Ceci est dit sans avoir l’idée de fantasmer sur une époque aujourd’hui révolue, mais, peut-être suffirait-il de peu pour donner un nouvel usage à ces « voies ».

Il y a une adaptation au tourisme, pour cela c’est sur du temps long, mais il n’y a peut-être pas autant de travail que cela pour nettoyer, baliser des endroits aujourd’hui parfois sous les broussailles, parfois mal empierrés — des cyclotouristes ont le culcul fragile et d’autres n’ont pas de pneus increvables —, installer peut-être des « point-vélos » et communiquer, ceci avec l’idée de faire moins prétentieux que la « Loire à vélo » ; plus une chose est simple, moins il y a de « structure », plus il est facile de revenir dessus en cas d’erreur.

Pour le vélo du quotidien, le tronçon Nantueil–Champagne-Mouton est presque parfait (nettoyage, empierrage à certains endroits…) sauf peut-être les jours de pluie. Pour avoir croisé plusieurs des boucles départementales, je pense que le côté cyclo-sportif de la force est bien servi.

En ce mardi d’août, pas un⋅e électrocycliste n’a été croisé⋅e, malgré le relief en colline des lieux… mais cela ne veut pas dire qu’ils ou elles n’existent pas.

Pour terminer sur ma marotte, j’ai été très agréablement surpris des bordures « 0 – zéro » en plusieurs trottoirs de ville et village, pas forcément les plus touristiques (la commanderie Saint-Jean-Baptiste par exemple). Je ne crie pas à la perfection mais à la possibilité, car entre nous, si cette partie du noòÒòord des Charentes s’appelle le pays des Cagouilles, ce n’est pas parce que les escargot⋅te⋅s profitent sous un climat sec.

Des liens

  • Sur l’enquête linguistique des Tourtoulon et Bringuier, voici un lien (>òc-fr)

Cette carte, plus ancienne elle, montre un trait noir. Ce trait est l’ancienne ligne Romasieras-Loberc <–> Rufec. Il y a également un second trait au départ de Romasieras pour faire le lien de Confolent à Romasieras ; ce second trait est la ligne de vélo-rail.

Romasieras apparaissait donc comme un carrefour ferroviaire et pouvait diriger les voyageurs vers la ligne Lemòtges <–> Esgolesme (et au delà París-Tolosa) alors que la ligne vers Rufec la reliait à la ligne París-Bordeu ; pour le dire autrement, au départ de Peitieus, il était possible de joindre Briva ou Caors dans la journée et en train.

Petite animation

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Cette entrée a été publiée le 12/08/2021 par dans tourisme, et est taguée .

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