Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

Devons-nous parler de personnes qui vont à vélo et non pas de cyclistes ?

De nouveau une traduction tirée du site catalan « bici-vici » ; ce billet traite de la façon de parler des personnes qui se déplacent.

Avertissement du traducteur : ce billet n’énonce pas un « code de l’écrit politiquement correct », même si certaines formulations peuvent y ressembler ; c’est une invitation à faire attention aux termes que nous employons plus ou moins consciemment !

Devons-nous parler de « personnes qui vont à vélo » et non pas de « cyclistes » ?

Depuis longtemps, les personnes qui vont par bicyclette se plaignent des gros titres dans certains médias lorsque des personnes se déplaçant à vélo se font renverser par des personnes conduisant une voiture.

Je vais maintenant donner un exemple, mais permettez-moi de réécrire ce premier paragraphe d’une manière autre et que je voulais éviter :

« Depuis longtemps, les cyclistes se plaignent des gros titres dans certains médias lorsqu’il y a des accidents entre des voitures et des vélos. »

Je suppose que vous voyez déjà où je veux en venir. La langue n’est pas neutre, elle est pleine de connotations.

Les gros titres, qui en eux-mêmes devraient être courts, parlent souvent des voitures comme s’il s’agissait de véhicules autonomes et comme si personne ne les conduisait. Ils parlent aussi des accidents comme s’ils étaient inévitables et non le résultat d’une imprudence ou d’un délit flagrant qui implique souvent une infraction pénale.

Quelques exemples:

  • Dans un état critique, un cycliste après une collision avec une voiture
  • Un cycliste décède suite à un choc frontal avec une voiture […]
  • Un cycliste est blessé dans une collision avec une camionnette […]
  • Un cycliste blessé dans le choc avec un motocycliste […]
  • Un cycliste est grièvement blessé dans un accident avec un camion […]
  • Le cycliste grièvement blessé dans un accident de la rue […] est stable […]
  • Tragédie sur la route : mort de deux cyclistes et un laissé dans un état critique suite à un accident […]

Vous voyez, les cyclistes entrent en collision avec des voitures (lorsque la voiture a réellement heurté le cycliste) et surtout le mot accident est beaucoup utilisé, mais, il est fort très peu dit sur les personnes qui conduisent les véhicules.

L’article Don’t Say ‘Cyclists’, Say ‘People on Bikes’ (>en) explique comment un groupe de Seattle modifie le vocabulaire pour qu’il soit évident que nous parlons d’êtres humains, et deuxièmement, parce que un langage clair est un facilitateur pour une mobilité plus durable. Ce groupe croit que d’une manière ou d’une autre, nous pouvons rendre les rues plus sûres en changeant la façon d’en parler, car le langage « modèle » la société. De fait, tout en étant des « activistes du vélo », ils deviennent des « activistes de quartier ».

Voici quelques-unes des propositions que j’ai adaptées :

Observations

[Ndr : ce paragraphe a été un peu modifié]
  • – De nombreuse personnes s’expriment de façon à ne pas dépersonnaliser la mobilité, plus que tout quand on parle de sécurité ;
  • – Parlez aussi des chocs et non des accidents ;
  • – Ils font aussi des propositions intéressantes pour montrer que les gens peuvent choisir, ou avoir, différentes options de transport ;
  • – Noter également que le vélo n’est pas un véhicule dans le sens où il nous assimile à la voiture ou à la moto. À bien des égards, le vélo est beaucoup plus proche de la mobilité à pied ;
  • – Dernière proposition, lorsque nous parlons de nous en tant que cyclistes nous pouvons ajouter le terme « personne » et expliquer nos différents rôles selon le contexte dans lequel nous parlons. En fait, nous sommes tous des piétons et beaucoup utilisent les transports en commun ou conduisent également.

Quelques exemples:

    • Parce-que je suis un citoyen qui utilise un vélo […]
    • En qualité de voisin de quartier qui utilise le vélo et en tant que père […] (dans une conversation avec des voisins sur la mobilité)
    • Comme mères de […] et en tant que personnes qui marchent et font du vélo […] (dans une conversation à l’école)
    • En tant que personne qui fait du vélo […] entre autres moyens de transport, […]

Alors, avec ce langage « conscient », parlons-nous d’avantage de personnes à vélo que de cyclistes ?

Annexe

J’ai écarté quelques changements de vocabulaire proposés car les traduire sans fournir d’explications n’aurait conduit à rien. En général, ils [Ndr : le groupe de Seattle] parlent de la façon de communiquer avec des personnes « ne connaissant rien de la chose » et nous font réfléchir sur le comment et sur le contenu de ce que nous voulons communiquer :

  • Au lieu d’une voie cyclable, d’une piste cyclable ou d’une piste cyclable, il peut être plus pratique pour nous de parler d’une voie cyclable protégée (ou sûre) pour souligner que la voie exclusive doit assurer la sécurité ;
  • Au lieu de termes complexes ou techniques comme « passage aux feux tricolores avec bouton-poussoir et îlot central », nous pouvons parler de « moyens sécurisés pour traverser les rues au milieu de la circulation » ;
  • Et dans le but d’utiliser un langage compréhensible et peu technique, il est préférable d’éviter de parler en termes « urbains », par exemple remplacer « drainage durable » par « jardin infiltrant » qui est un terme probablement plus compréhensible.


Revue de presse locale

suite à la dépose de 2 vélo-blancs

La République du Centre

France Bleue

FR3 – Centre

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Cette entrée a été publiée le 17/11/2021 par dans Réflexions, et est taguée .

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