Il y a un an, les inondations

Il y a un an, juin 2016, la région Centre était sous l’eau, l’occasion de quelques captures d’écran du trajet quotidien Orléans-Cercottes.

Attention, même si le ton de ce billet est badin, je ne suis pas sans ignorer que certain-e-s ont perdu beaucoup dans les inondations. C’est la raison pour laquelle je ne montre que des photos des trajets par bois et par champs.

  • La chronologie des événements dans la Rep’ (>fr)

L’effondrement qui vient

Autant le dire, le lundi soir, après une journée de pluie, j’animais une petite réunion sur le thème de « collapsologie » avec une présentation entre-autre des livres suivants :

  • « Comment tout peut s’effondrer » de Raphaël Stevens & Pablo Servigne
  • « Effondrement » de Jared Diamond

Deux livres qui traitent de l’effondrement à venir.

Le mardi matin, sous la pluie et mon cirée, je suis parti à vélo.

Les feux d’Orléans clignotent, ils ne fonctionnent pas dans Fleury. À Saran, il y a un peu plus de pluie. Soudain, entre deux flaques, rue de la Tuilerie, je me retrouve dans une sorte de trou et de l’eau jusqu’au milieu inférieur de la roue.

Étrangement, les voitures se sont mises en cercle autour de moi, comme pour ne pas m’éclabousser, ce qui ne m’aurait pas guère mouillé davantage.

Il en faut plus pour m’arrêter, mais tout en pédalant, je méditais le courriel que je n’allais pas manquer d’envoyer aux présent-e-s de la veille dans le style « c’est la fin du monde… ». Me voici dans la forêt, voici la barrière passée de quelques 200m que je m’arrête et me rends compte que j’ai de l’eau presque au milieu des roues. Idiot !

Non pas méditer une méchante blague, je devrais me concentrer sur mon chemin, pardon, sur la rivière autonome qui décide de couler où elle veut, quand elle veut.

Un autre chemin me mène à un lac qui a éclot dans la forêt. Comme j’ai peur des crocodiles et des piranhas, je rebrousse chemin et me vois dans l’obligation de prendre la route nationale 20, doubler un nombre conséquent de camions, passer sous le petit pont pour arriver dans 5 à 10 cm d’eau.

Et finalement être bloqué plus loin.

Je rebrousse chemin une fois de plus, reprend la RN20 et arrive finalement au boulot. L’envie de rire m’est passé en voyant les pavillons dans l’eau. « Ma blague » tombe dans les 8 cm d’eau qui inonde mon bureau et l’atelier, le lendemain, il y aura 20 cm et 40 le jeudi. Il n’y rien à faire que de sauver ce qui peut l’être.

L’aérotrain les pieds dans l’eau

Le mardi, j’avais été arrêté par ça d’un côté,

aérotrain les pieds dans l’eau

Aérotrain

soit ça de l’autre :

La semaine suivante, dans la forêt il y avait ça souvent :

c-à-d que le trou à gauche — profond de environ 2 m, avec des racines, des herbes, des branches — était une rigole, une rigole qui déborde sur le chemin. Passer est sans grands dangers car on en voit la fin, il faut seulement ne pas buter sur une racine.

Combien de cm d’eau le long du rail

Mais le grand truc, c’est la petite route coupée. Pour rejoindre Cercottes, il y a la RN20 ou la forêt. Et combien de cm d’eau le long du rail ?

cercottes

Ce matin du 6 juin 2016, arrivé devant l’étendue d’eau, quelqu’un me conseille de monter sur les rails SNCF, jusqu’au cimetière. Il n’y a pas de trains mais c’est dangereux. Je suis le conseil et me retrouve entièrement mouillé.

Le soir, je veux savoir et je plonge donc le vélo dans l’eau.

D’abord, il y a moins d’un mètre, on voit encore les herbes hautes à des endroits, le dessous c’est une route goudronnée, en une semaine il n’y a pas de dépôts de vase.

Au final, 60 cm d’eau que je n’affronterai pas une seconde fois car les plus de 500 m ont été très physiques, au delà des pieds mouillés : l’eau dans le garde-boue freinait mon avancement, pédaler dans l’eau n’est pas très joyeux.

Voici la route, quasiment aux même endroits, le 29 juin 2016 au soir, premier jour où la route était circulable pour les vélos.

Ajouté en février 2018 : je passe quasi tous les jours devant ce monument, témoin unique d’une période industrielle — il n’est pas question ici de porter un jugement sur cette époque — de la région. Merci à Jehanne-à-vélo, d’avoir compilé les 2 films (je ne suis pas fier de ma traversé) devant ce témoin unique, véritable marqueur de la communauté.

 

Dans la forêt d’Orléans

La solution la plus facile était de prendre la RN20, mais avec la masse de véhicules qui circulait à ce moment, avec la pluie, les bois présentaient une certaine sécurité (en dehors d’un sanglier qui semble avoir eu autant peur de moi que moi de lui, et d’un canard, peu de mauvaises rencontres).

Je ne vais pas faire un étalage des cheminements pris dans un premier temps « hors eau » avant de les découvrir inondés quelques mètres plus loin ; cette situation était variable du matin au soir où un chemin boueux, passées les pluies de la journée, se transformait en flaque géante. L’expérience m’a permis de découvrir des sentiers jusqu’alors inconnus.

Le 2 juin 2016, l’intérieur de la forêt et une allée que j’emprunte parfois ressemblaient à ça :

Le 20 juin, voici la même allée, dans le sens opposée.

Et au mois d’août 2016.

Encore 2 photos

Le 13 juillet, voici le niveau de l’eau dans le champ qui borde une allée que j’affectionne et que vous avez par plusieurs fois dans l’étiquette Cercottes

Partout de l’eau !

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Certaines photos sont tirées des films faits au quotidien, d’autres du téléphone portable, ceci explique les différentes teintes, les différentes couleurs sur des endroits photographiés le même jour.

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2 réflexions sur “Il y a un an, les inondations

    • janpeire dit :

      Absolument pas. Le mardi, j’étais en collant thermomachin, un pantalon cirée par dessus, basket pour le bas (j’ai des changes au boulot), et veste de cycliste sous le cirée jaune pour le haut (je rentrais de congés et n’avais aucunes idées de la météo, l’air, la circulation…).
      Les autres jours c’était quasiment pareil. Le matin je fuyais les grandes étendues d’eau (sauf dans la forêt où je maitrisais aussi bien l’équilibre entre racines que le pédalage d’un pied puis l’autre).
      Le soir, sachant que je rentrais au chaud, je me suis permis des trucs comme les 60 cm le long de l’aérotrain.

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