Becancaneries

Théorème de J.B. Corot : « la ville de Copenhague est équipée de 350 km de pistes cyclables surélevées, séparées de la route et très sûres » dont plus de 550 km font les trottoirs d’Orléans et son agglomération.

Grincements de pignon – 7 – Porte-bagage

La semaine dernière, pour éviter les grincements, j’avais mis de l’huile… au houblon, ce, sur la chaîne de transmission et dans la sacoche accrochée au cintre de BluaMarko. C’est une solution pratique, la sacoche au cintre, pour du trajet court ou urbain quand l’objectif est d’éviter de porter une petite charge sur le dos, ce qui fait suer. Pour les trajets longs, il y a une école de la modernitude qui vire dans le vélopaquetage, le « bikepacking » en patois de París et de la franch’tèque ; une école plus pragmatique donne dans le plus éprouvé, dans le plus pratique, dans le plus efficace, c’est à dire, des sacoches accrochées au porte-bagage, à l’avant ou à l’arrière.

Dans la presse locale

Je dois la vérité sur mon abus de boisson, dans le microcosme local, il y a eu l’abandon de la liste au clébard, et ça, ça m’a fait un choc, que bon, hein, les animaux, on a beau dire, c’est mignon tout plein. Un abandon regrettable car le candidat ne semblait pas du tout avoir peur d’affronter le monde, et plus que tout, ce n’était pas un menteur, lui. Cela s’écoute dans ce petit questionnaire (>fr-France bleue) dans lequel il dit :

« préférer le tram, que le vélo, il en a fait « pas mal » MAIS il avoue — qui lui a fait porter une quelconque culpabilité ? Les cyclistes de l’agglomération ? Sa conscience ? Ses convictions politiques ? Qui ? — il n’a plus l’habitude ET il habite dans une rue trèèèèèèèèès en côte, c’est difficile de démarrer le matin.»

C’est là que l’on voit ce que l’on perd, car sérieusement, où se trouve cette rue trèèèèèèèèès en côte dans Orléans ? Je suis trèèèèèèèèès curieux de la chose, et puis, faire du vélo, cela s’oublie difficilement, non ?

Le même article nous annonce qu’il y aura enfin une liste de gauche, c’est à dire sans fauxcialistes, sans magicien⋅ne⋅s, sans Marchistes et sans FN. Dans un autre article (>fr-France bleue), il se donne à lire ceci :

Le discours reste inchangé : « défendre le camp des travailleurs », sans avoir besoin de décliner de programme local précis.

Mais quid d’une politique du vélo pour cette dernière ? La lecture de la Rep’ (>fr) nous apprend que  :

Et pour les vélos ?
Farida Megdoud (Lutte ouvrière). « Faire entendre le camp des travailleurs » : Aucune proposition.

Pas de promesses faites, c’est la garantie d’une absence de déceptions. De la à comprendre que la bicyclette est œuvre petite-bourgoise, de là à comprendre qu’il n’y a pas de grand soir à attendre pour les travailleurs à vélo ou les travailleuses en bicyclette, de là à comprendre que le vélo est un outil contre-révolutionnaire salement individualiste financé par le grand capital pour abattre toute tentative d’émancipation de l’individu et son épanouissement dans la collectivité, il n’y a qu’un pas, déjà franchi. Suivez le lien de l’article et lisez le paragraphe sur le bus ; « lénifiant » est un adjectif sans lien avec « trotskisme ».

Autant le rappeler à toutes fins utiles, pour ne pas vous laisser croire des choses à mon endroit, votez si vous voulez et votez comme vous voulez, je ne suis le directeur de conscience de personne. Un programme municipal ne se joue pas que sur une idée et une personne, ou, pour le dire autrement, dans le programme il y a le vélo, mais également la qualité de l’air, la culture, il y a le manger de la cantine et l’aide à l’installation d’un artisan, voire sa sauvegarde. Tout cela ne se fera pas d’un clic, encore moins avec des personnes qui ont déjà vendu leurs données à fessebouc mais parlent « d’identité locale »  😉

Dans l’article précédent de la Rep’, rien en faveur du vélo n’est dit. PAS UN⋅E candidat⋅e⋅s pour donner un exemple illustratif des promesses énoncées la bouche en cul de poule :

  • — nous enlèverons un rang de stationnement rue Bannier pour joindre le contre-sens au giratoire Gambetta.
  • — nous ferons une euro-véloroute de l’île Charlemagne jusqu’à la pointe de Courpin avec circulation réservée aux riverains par un système de borne sur le modèle du centre ville, les pavés en moins… ce avec des équipements de qualités internationales ; et pourquoi ne pas positionner la maison du vélo le long de cette trace sud, place de la Bascule, par exemple.
  • — nous enlèverons un voie de circulation sur les boulevards pour faire passer bus / taxis / secours / vélo.
  • — quoique nous décidions pour l’ensemble de la mégalopopole, nous servirons aussi bien le centre que la périphérie et l’alignement du réseau cyclable se fera non pas dans un nivellement vers le bas — Olivet qui se voit affublé d’équipements de la même qualité que Saran, c’est à dire, sur le trottoir — mais vers le haut du maximum qualitatif, sur le modèle de Copenhague.

Pas un⋅e ne dit cela, car ils et elles s’en fichent complètement. Ils et elles ne se pensent pas comme des cyclistes potentiels — sauf Dominique Tripet — mais comme des automobilistes en puissance qui déménagent toutes les fins de semaine.

L’automobile reine va régner encore trèèèèèèèèès longtemps sur Orléans.

Dans les tracts

L’arche de Noé

La page « vélo » du programme (>fr) est illustrée par un endormisseur. Il doit se bercer un peu trop près de son 4×4 pour « rêver d’une circulation harmonieuse entre voitures, vélos et piétons ».

Dans l’image véhiculée par la « profession » du bonhomme, c’est le volé qui doit dormir, non ? Or là, le point 5 parle d’une « autoroute à vélo », le long de Gaston Galloux.

Quelqu’un pour le réveiller et lui dire que la piste le long de G.Galoux existe depuis 30 ans et que c’est à ce jour le seul équipement digne de ce nom dans l’agglomération d’Orléans ? Celui qui est mon maître (>fr-Defakator) pour débouter les conneries de l’internet tourne à la chartreuse, il me semble plus sage de regarder un film tourné à la courroie :

Autre point, l’ennemi du vélo n’est pas le vol. L’ennemi du vélo a une double forme, il est le vent, il est la pluie. Le vol existe, bien sur, mais ce n’est pas le principal frein au développement du vélo. En dehors des conditions météorologiques, c’est l’infrastructure qui est la chose la plus importante. De plus, la photo montre un vélo qui semble, sauf erreur de ma part, bien mal accroché ; la chaîne de l’antivol semble posée sur le « haut » de l’anneau. Je n’en mettrai pas mon pneu à crever, mais c’est flou, et le loup de la mémé de Martine ne voit pas le « 8 », le croisement, entre le cadre et l’anneau.

Le reste du programme est écrit en langage de publicitaires et d’attaché⋅e⋅s commerciales, des phrases sans grand sens.

OCON – Olivier Carré Orléans Naturellement

Sur le fessebouc, a été publié, bien avant le premier avril, une saynète dans laquelle 2 personnes racontent n’importe quoi. Le décor est planté au sud de la Loire, les 2 *Ons de service circulent sur un trottoir, rien de plus qu’un trottoir et très vite, le ton est donné. Les premières répliques parlent de « liaisons sud-nord heu… nord-sud », l’acteur ne semble pas trop connaître son sujet.

Il faut savOir que c’est déjà l’auteur d’une nuisance en Or, avec un grOs « O » cOmme dans trOu du c… la liaisOn entre la bibliOthèque et la lOire. C’est lui qui avec sa cOllabOratrice prOmettait un « truc vachement sécure ».

Le même doit bien être responsable du mauvais aménagement de la RN20 et/ou de la Source.

Présentement, le *On nous explique que depuis un aménagement pas très bien fait — un coup de peinture sur l’avenue St Mesmin — il faudra gérer un nouveau carrefour pour traverser et pouvoir prendre la merde à venir qui a pour unique but de nous « isoler de la circulation ». Les *Ons, ça osent tout, et dans le même passage il y a d’annoncé, probablement à l’encontre des uniques récepteurs du message au final « les automobiles resteront sur le pont Royal ».

La réplique se termine par « là-bas… le débouché… rue notre dame de Recouvrance », c’est à dire, de nouveau un carrefour, une circulation dans une rue absolument pas adaptée, et un débouché sur une place qui n’est en rien cyclamicale : ressauts & marches, pavés glissants, rails du tramway, énormément de piétons, pas de circulations clairement indiquées, des automobiles, des manifestations, des trafiquant⋅e⋅s de drogues… et au-delà, de cette place, vouloir aller ailleurs tourne vite au parcours du combattant.

Sa comparse qui ne semble pas plus à l’aise que lui sur un vélo, essaye de dire que la mairie a travaillé avec les associations. Ben voyons, qui a dit con-construction ! Visiblement ils subissent l’influence du dangereux passerelliste local sur une mode Olivetaine, le père d’un ouvrage qui n’est en rien un ouvrage de qualité, bien loin d’être un objet de praticité quotidienne.

Elle ose, mais les *Ons ça osent tout, après tout ce temps passé dans une équipe de peintureurs sur trottoir dire :

« le vélo [doit trouver] sa place en cohérence avec les piétons »

cette phrase ne signifie rien du tout, c’est du langage de publicitaire encore une fois. Seconde couche, elle ajoute un couplet sur « les autres mobilités », sans donner de définition. Il y a deux possibilités :

  • – soit elle parle : trottinette, patins en ligne… et cela veut dire que les cyclistes n’ont pas intérêt à se montrer trop exigeants.
  • – soit elle parle bagnole, ce qui est le plus probable, et il faut comprendre que les modes ne seront pas opposés, non, l’automobile sera toujours privilégiée.

Voici les 3 Ricards de la vie :

  • Paul pour le mal de crâne ;
  • Matthieu pour qui croit au karma ;
  • Brigitte pour la prise de tête.

L’autre, en roue libre, annonce qu’Orléans a des pistes cyclables — mais où donc ? — et que avec le plan vélo, tout ça, ça va être intensifié. Ne parlez pas de malheur. Comme il sait pas ce qu’il dit, un défaut de compréhension est certain, il hésite sur les merveilles que vont relier les « pistes » cyclables. À un point tel que, quand son interlocutrice parle « autoroute à vélo », il enchaîne quelques conneries dont la plus grosse est

« de façon à avoir une balade à vélo »

Mettons les choses au point

Une autoroute est interdite aux vélos. Le vocable « autoroute à vélo » a été propagé par les entreprises du B.T.P. et les opposants à ce qui n’est, au final, qu’une piste continue sur PLUSIEURS KILOMÈTRES. Ceci dans le but d’effrayer les automobilistes sur l’air de « les cyclistes veulent vous piquer de la place ». C’est pourtant une simple piste cyclable de qualité, bien aménagée, conçue avec une priorité sur les autres mode de déplacement. C’est Un ÉQUIPEMENT EFFICACE pour traverser une agglomération, sur lequel les cyclistes peuvent rouler entre 15 à 20km/h pour bénéficier des facilités offertes par l’infrastructure (feux cyclistes au vert entre autre).

Le terme adéquat serait « véloroute » ou « onde verte », mais ni l’un ni l’autre n’est défini officiellement dans le code de la route, tout comme, sauf erreur de mon cale-pied, le trottoir.

De fait, la liaison G. Galloux n’est pas une « autoroute à vélo ».

RevenOns à nOs mOutOns

Une couche en est rajoutée sur la con-construction. Depuis l’adoption du plan vélo, il n’y a eu que des traces de peinture, or, il avait bien été dit en réunion publique par Olivier Carré lui-même, qu’il ne fallait pas faire de procès d’intention malgré le passif lourd de la municipalité d’Orléans en matière de nuisance, que la peinture sur les trottoirs, c’était fini.

En 9 mois, la mairie d’Orléans mégalopopole a accouché d’un giratoire Gambetta devenu encore plus anxiogène qu’auparavant pour les cyclistes et les piétons, d’une trace malhonnête sur la rue des Bransles (>fr-Becancaneries), de bordures RN20sud (sans oublier les arrêts bus), de probables bordures RN20nord (et à voir les bateaux les cyclistes seront sur les trottoirs étroits à faire les dos-d’ânes), d’un moins disant pour aller à l’épicerie de quartier (>fr-becancanerie).

Là où Olivier Carré passe, le cycliste trépasse.

À voir ce touitte¹ :

https://pbs.twimg.com/media/ESBpDJIWkAE6Dgx

dans lequel le type chargé de la sécurité locale se prend en photo… sans honte, toute morgue affichée, je comprends mieux pourquoi les catholibans en bas de chez moi jouissent de l’impunité municipale en matière de stationnement dangereux devant une école, d’autant plus qu’il y en a un sur la liste.

Note : ¹  le touittos, inféodé à une liste différente, mélange un contre-sens autorisé peint de 2 pictogrammes et une piste cyclable. Si par mégarde ces gens là viennent au pouvoir, les cyclistes seront toujours en souffrance.

LOC – Les Orléanais de Cœur

Là aussi émerge la passerelle, ce qui est mieux pour rouler au sec, mais comment les croire eux-aussi, après avoir bitumé tant de nuisances dans la qualité de roulage des cyclistes, sans oublier la petite pavétissation, les ruptures dans les itinéraires, la bordurisation des entrée-sorties des riverains…

Dans les promesses, rien de concret, du vent, rien de plus, probablement au même niveau que celui qui souffle dans les films montrés ici ou là. En exemple, celui où l’ancien maire, élu lui, se met en scène avec le représentant du B.T.P. lui aussi en roue libre dans le domaine de la faribole :

Désolé de ne pas faire une capture d’écran de l’appliquette financée par l’équipe de l’ancien président, celui pour qui dépasser 1,5 km de vélo c’est être sportif, mais justement, présentement, aller chercher le pain — des voisins nous ont renseigné sur le lieu d’achat du lobby B.T.P. — se fait en 1,1 km soit moins de 10mn :

  • Dans ce lien Naviki (>fr) est caché un autre itinéraire vers une fameuse pâtisserie de la rue Bannier. Un itinéraire de m*rd* mais notre gourmand représentant du B.T.P. peut toujours s’en prendre à celui qui a déjà dirigé la mairie, il est en face de lui !

Et les autres ?

La critique du trop de conneries dites ici ou là confinerait à une forme de harcèlement pour certaines listes. Sur les listes fourrées au fauxcialisme local, il y a beaucoup de personnes « fragiles » qui préféreront toujours ajouter de la procédure à la procédure pour se guérir des problèmes qu’elles se créent, non-pas simplifier les rapports entre la commune et les administrés. En langage clair, et pour illustrer mon propos, la numérisation du quotidien pose des problèmes à beaucoup de personne. La solution n’est certainement pas de créer des ouèb-skouls mais, au pire, de laisser, à disposition dans les services publiques, un ordinateur (avec imprimante, caméra, numériseur) en état de marche, ce à disposition des bénéficiaires (et pourquoi pas un⋅e employé⋅e pour guider l’usager d’un service qui devrait être publique), au mieux, il faut laisser ouvert un guichet « non numérique ».

Je me suis déjà assez fichu dans ces petites revues de presse de la liste avec des magiciennes et de la liste qui fait « suer sans être dans la place » pour me sentir obligé de ne pas en rajouter une couche.

Et les autres, dans d’autres communes

Il y a peu, votre serviteur rencontrait des prétendants au trône d’une commune en dehors de l’agglomération. Ces candidats expliquaient bien que les rapports avec une nuisance aussi puissante que le conseil général du Loiret se terminait souvent par le choix du département en opposition à celui de la commune. Par exemple lors d’une demande de limitation de vitesse. Cependant, à l’annonce d’un minimum de 3m de large pour une voie verte, les froncements de sourcils de mon interlocuteur m’ont renseigné sur la capacité d’une petite mairie à se défendre contre le département et sur sa volonté à prendre une voie de circulation automobile pour réaliser des objectifs « d’éco citoyenneté ».

Conclusion

C’est le dernier billet de cette catégorie, pour le moment. Accrocher les sacoches, c’est un petit peu évoquer des désirs de voyage.

Votez, ou pas, pour qui vous voulez, les déceptions seront à la hauteur des espérances mises dans les candidat⋅e⋅s, si tant soit peu l’on puisse mettre de l’espérance présentement.

Il y a les déplacements, mais d’autres critères de choix, et malheureusement, il n’y a eu personne pour bien expliquer que beaucoup de choses se décident à une autre échelle. Au final, nos politiques locaux ne sont que des politiques, dans une bulle, atteint de cette maladie qui fait que au niveau national, quand il y a un malheur, c’est la faute à l’Europe.

Pour conclure par une note de gaîté et n’embêter personne avec l’eau qui inonde la forêt domaniale, je désirais illustrer chacun des chapitres par une chanson de Fréd Fromet, ce, pour changer des Inconnus ou de la musique du film « le bon, la brute & le truand ». Puis, après avoir passé l’après midi à rire, je suis tombé sur ce morceau qui colle avec l’image véhiculée souvent du vélo, c-à-d uniquement celle du sport en lieu et place du moyen de déplacement le plus simple du monde :

Quelle honte, comment ose-t-il ? (ceci est de l’humour)

Un commentaire sur “Grincements de pignon – 7 – Porte-bagage

  1. Jeanne à vélo
    09/03/2020

    Ça fait bien par où ça passe ! 😀

    J'aime

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Cette entrée a été publiée le 08/03/2020 par dans Réflexions, et est taguée .

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